On la trouvait plutôt jolie / Michel Bussi

On la trouvait plutôt jolie / Michel Bussi

couverture de On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi« – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l‘essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

Avis : Que dire à part qu’il faut lire ce magnifique livre : poignant, vibrant, haletant, excitant, brillant (et pas que pour sa couverture) et déchirant ! Cela semble faire beaucoup d’adjectifs pour un seul livre mais croyez-moi, On la trouvait plutôt jolie les mérite tous!

Poignant d’abord car il est question d’une mère seule élevant ses enfants. Leyli, dont le prénom est un clin d’oeil à la chanson non moins poignante Lily de Pierre Perret.

Vibrant ensuite, car cette femme est une immigrée dans une France qui ne permet qu’à certains de venir et de s’installer avec les siens. Il est aussi vibrant de ma colère envers ces passeurs sans âme qui ne voient en les migrants que des billets.

Haletant et excitant car Michel Bussi est un maître dans le thriller. On est tenu en haleine du début à la fin et surtout, on est appâté par son premier texte en italique qui ne prendra tout son sens que dans les derniers chapitres. On la trouvait plutôt jolie n’est pas un thriller gore et violent, même si quand on parle d’immigration, il n’est peut-être pas de plus grande violence au monde. Fuir, pour trouver mieux que la mort et la misère. Fuir, à n’importe quel prix….

Ce thriller est aussi brillant car il ne laisse apercevoir son déroulement qu’avec cinq coups d’avance. On se croit à Marseille, on est en fait à Rabat. On se croit dans le désert sahélien, on est à Dubaï. Il m’a parlé et émue, mais aussi fait frémir à l’évocation des violences, des renoncements et de la force malgré tout de cette Leyli. Il est brillant de poésie parfois, comme avec cette parole de Guy sur la mer. Ou les jeux de mot sur Bambi, Faline et Fleur.

Il est déchirant enfin, car ce thème ne peut éluder la bataille et le mordant qu’il faut pour survivre. Il en est même un bouleversant témoignage. Entre la cécité de Leyli, les viols, les meurtres et la violence de l’état français envers ses migrants, sans parler des faux semblants des passeurs et des organisations humanitaires, On la trouvait plutôt jolie est un bijou d’humanité. Je dirai même un trésor, en rappel au trésor de Leyli.

Mais ce trésor, il ne faut pas le cacher mais au contraire le lire et le faire lire pour passer un excellent moment de lecture trépidante ou voir plus loin et faire reculer le racisme et la désinformation sur les migrants.

Roman publié aux éditions Presses de la cité


 

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