Géographie de nos amours / Rebecca Walker

Géographie de nos amours / Rebecca Walker

couverture de Géographie de nos amours de Rebecca WalkerRésumé : Étudiante à Yale, la narratrice est une jeune Afro-Américaine qui se cherche encore. Elle décide de prendre une année sabbatique pour partir en compagnie de son amie Miriam, de deux ans son aînée, à la découverte du continent africain. Le Caire, d’abord, les superbes pyramides de Gizeh, l’ambiance urbaine de Nairobi, la ville côtière de Malindi, puis l’île de Lamu, au milieu de l’Océan Indien. Là, elle rencontre Adé. C’est le coup de foudre immédiat. Tandis que Miriam continue son périple, elle décide de rester sur cette île paradisiaque. Adé lui donne le prénom musulman de Farida, « la femme qui est exceptionnelle » et ils décident de se marier. Mais Farida contracte la malaria, et les voilà tous deux pris dans les feux de la guerre civile qui éclate. Leur amour si pur, si intense, pourra-t-il y résister ?

Avis : Attirée par le titre de ce roman, j’espérais y trouver une intrigue mêlant histoire d’amour intense et voyage. Et Géographie de nos amoursest effectivement très intense. J’ai d’ailleurs été gênée de me retrouver confrontée à l’intimité de l’héroïne dès les premières pages du roman. En effet, cette jeune Américaine découvre de nouveaux plaisirs charnels avec une de ses plus proches amies, Miriam. Déroutée par le style très direct de Rebecca Walker, j’ai décidé de pousser plus loin ma lecture pour voir ce qui avait amené l’auteure à donner ce titre à son roman.

Les deux jeunes femmes décident de partir à la découverte de l’Afrique et entament leur périple par l’Egypte. J’ai grandement apprécié ce passage, où Rebecca Walker nous décrit les lieux et les rencontres que font ses personnages. Elles se rendent ensuite au Kenya, où l’une d’elles fait la rencontre d’un jeune homme, Adé. Le coup de foudre est immédiat, des deux côtés. Rebecca Walker brosse avec subtilité et profondeur la naissance de cet amour qui remet toute la vie de la jeune Américaine en question. Elle met également très bien en scène le décor de l’intrigue : l’île de Lamu, ses paysages, son architecture et ses traditions. Au fil des découvertes des coutumes de l’île et de la famille d’Adé, l’héroïne est amenée à s’interroger sur les conséquences que ce nouvel amour aura sur son quotidien et sa famille. On suit alors son périple pour se faire accepter dans une société si différente de la sienne et en comprendre la culture. Cela amène l’auteure à aborder le contexte politique du Kenya : le régime autoritaire, l’insécurité, la place de la femme, la restriction des libertés et le clivage entre les tribus.

Je n’ai pas été transportée par la partie du roman concernant la naissance de l’histoire d’amour, les personnages étant trop crédules. Cependant, la dernière partie m’a plu : les héros sont confrontés au contexte politique du pays et sortent un peu de leur torpeur amoureuse. De plus, Rebecca Walker fait des choix audacieux qui tranchent avec l’impression de déjà connaître la fin dès la moitié du roman.

Roman publié aux éditions L’Archipel – Traduit de l’anglais par Nicolas Porret-Blanc.

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