Carbone modifié / Richard Morgan

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Le cycle de Takeshi Kovacs, Tome 1

Quatrième de couverture : Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’étaient les risques du métier dans les Corps diplomatiques, les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais cette fois, on le ramène sur Terre pour mener l’enquête : un riche magnat veut élucider sa propre mort. La police a conclu au suicide. Or, pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ?

Avis : J’ai adoré ce livre ! J’ai même eu un choc à la fin, en lisant dans la biographie de l’auteur, qu’il s’agissait-là de son premier roman. Pour un coup d’essai, c’est sacrément réussi. C’est même excellent !

Le décor est bien planté et futuriste à souhait pour ce polar explosif. La conquête spatiale est derrière nous et voyages interstellaires, voitures volantes, réalités virtuelles, IA, corps synthétiques, systèmes intégrés apportant force et vitesse à l’homme, mais surtout la possibilité de faire réimplanter votre pile corticale dans un autre corps à volonté – et ainsi ne pas mourir – font partie du quotidien. Le monde est devenu tel qu’on pouvait le craindre, corrompu et misérable. Les avancées technologiques n’ont pas apporté le bien être à l’homme, mais les moyens de se pervertir toujours plus.
Takeshi Kovacs est un ancien « diplo », un soldat surentrainé, physiquement et psychologiquement, et à l’intuition surdéveloppée. Cette unité d’élite est prévue pour rester opérationnelle même dans les cas les plus extrêmes : les combats, la torture, les changements de corps incessants… Cela fait de lui le candidat idéal pour résoudre le meurtre de Laurens Bancroft, un Math (Mathusalem) de 300 ans, digne du Mystère de la chambre jaune.

Bancroft est mort de sa propre arme dans une maison ultra-sécurisée, dont aucune porte n’a été violée, et alors qu’il était seul… Conclusion de l’enquête ? Suicide. Sauf que Bancroft n’est pas réellement mort, puisqu’il bénéficie d’une sauvegarde automatique et quotidienne de sa pile. Dans ce cas, à quoi cela rimerait-il de se « suicider » ? Kovacs va devoir comprendre ce qui s’est passé, et vite, car sa présence semble déranger bien du monde, à commencer par la police. Il aura besoin de toutes ses capacités pour résoudre ce cas, s’il veut garder sa tête sur ses épaules, pile comprise. De toute façon, il n’a pas le choix. Personne ne lui a demandé son avis avant de le tirer de sa dernière prison pour le transférer dans ce nouveau corps, sur cette planète inconnue, la Terre.

Voilà un roman intense, intelligemment mené et sacrément bien ficelé. L’Ultra dynamisme et l’absence de temps mort empêchent à tout moment au lecteur de s’ennuyer. L’intrigue est complexe et bourrée d’action, les hormones se déchaînent sur ces humains d’un nouveau genre. Les personnages sont intéressants et bien développés, au premier rang desquels, Kovacs. C’est un dur à cuir, cassé, légèrement psychotique, mais qui s’accroche désespérément à son reste d’humanité. Sans alourdir le récit, l’auteur aborde, le thème de l’éthique face à l’emploi de toutes ces nouvelles technologies, ainsi qu’un questionnement sur l’immortalité et la perte de moralité que cela entraîne. Avec ce premier tome, Richard Morgan réalise un thriller futuriste diablement efficace et j’espère que les deux tomes suivants seront aussi bons !

« ‘’Vous avez de la chance, Kovacs.’’
Ben voyons. À cent quatre-vingts années-lumière de chez moi, portant le corps d’un autre homme durant six semaines de location. Transféré ici pour effectuer un travail que la police ne voulait pas toucher, même avec une matraque électrique.
Si je rate, je retourne au placard.
J’avais tant de chance que j’ai failli me mettre à chanter en poussant la porte. »
 
Roman publié aux éditions Milady – Traduit par Ange 

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