Magies secrètes / Hervé Jubert

Magies secrètes / Hervé Jubert

couverture de Magies secretes de Herve Jubert

Quatrième de couverture : L’empereur de Sequana veut faire disparaître la magie de sa cité et persécute les êtres féeriques. Ils trouvent refuge dans l’hôtel de Beauregard, un détective de l’étrange qui travaille officiellement pour le pouvoir. Depuis quelque temps, des sorts sèment le chaos dans la cité. Une entité maléfique répand la terreur, personne n’est à l’abri. Armé de sa canne-épée, assisté de la jolie Jeanne aux étranges pouvoirs, Beauregard enquête dans les ruelles et les palais de la capitale, transformée en théâtre de cauchemars.

Merci à Livraddict et au Pré aux clercs pour cette lecture

Avis : C’est un univers foisonnant, coloré et tourbillonnant qui nous est présenté ici. Le monde d’Hervé Jubert, incarné par la cité de Sequana, est vraiment original, mais également complexe à appréhender. Très étoffé, il faut lui prêter toute son attention pour ne pas se laisser perdre dans ses rues. Le lecteur est bombardé d’informations. Mille et une anecdotes parsèment l’histoire dans des notes de bas de pages. Bien qu’elles soient fort intéressantes, il aurait mieux valu qu’il y en ait moins et qu’elles soient intégrées au texte. En l’état, on s’y perd un peu, et surtout, elles coupent le rythme du récit.

Pour nous faire découvrir sa cité hors-norme, l’auteur a choisi un héros à sa mesure. Georges Hercule Bélisaire Beauregard ne connait rien de ses origines. Un peu dépravé, un peu héros, il flirte avec les dangers que recèle la ville tout en offrant un refuge aux êtres féeriques qui en ont besoin. C’est un drôle de bonhomme. Alors qu’il est sur une enquête dont les enjeux sont de la plus haute importance, il prend tout de même le temps d’aller au théâtre et de festoyer avec ses amis.

Tous les personnages rencontrés ici sont atypiques et hauts en couleurs. Le roman comporte de nombreuses références historiques et culturelles et un certain nombre de protagonistes trouvent leurs origines dans la mythologie. Nous y croiserons aussi bien Isis, qu’Arlequin. Malheureusement, ils manquent pour la plupart trop de profondeur pour que nous puissions nous attacher à eux, même si on a souvent envie d’en apprendre plus sur eux.

Certaines des idées développées par l’auteur sont abracadabrantesques, comme de recoudre la peau d’un homme sur un corps comme celle d’un costume pour voir s’il lui va. Cela donne au livre une petite atmosphère loufoque qui m’a bien plu. Malheureusement, le décor prend toute la place et l’intrigue est laissée au second plan. D’autant que l’enquêteur n’enquête pas vraiment, mais a plutôt tendance à attendre que les éléments viennent jusqu’à lui. Ce que j’ai trouvé vraiment dommage. Dans ce monde où tout le monde porte un masque, il aurait été intéressant de développer une intrigue plus poussée.

Sans conteste, voilà un ouvrage qui a du style. Si vous aimez les univers denses et si pour vous l’atmosphère est plus importante que l’intrigue, n’hésitez pas à aller le découvrir. J’aurais aimé pour ma part que l’auteur fasse preuve d’un peu plus de simplicité et prenne peut-être plus son temps pour nous faire découvrir la richesse de son monde. Il aurait également dû davantage se concentrer sur l’intrigue, en y insérant notamment une bonne dose de suspense, particulièrement sur la trame sous-jacente, qui entoure les héros et qui existe très clairement.

Édité par le pré aux clercs 

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