Fées, weed et guillotines / Karim Berrouka

Fées, weed et guillotines / Karim Berrouka

couverture de Fées, weed et guillotines de Karim Berrouka aux editions ActuSFRésumé : La dernière fois que Jaspucine a mis un pied dans le monde des hommes, elle en a littéralement perdu la tête : la Révolution française n’a pas été une période très profitable pour les créatures féeriques. Sauf pour Zhellébore, l’enfoirée qui l’a envoyée à l’échafaud. La vengeance étant un plat qui se mange froid, Jaspucine est bien décidée à retrouver la traîtresse. Même si pour cela elle doit s’attacher les services d’un détective. Mais à force de remuer ciel et terre, c’est sur une conspiration bien plus grande que la fée et l’enquêteur vont tomber.

Avis : C’est un tourbillon furieux vêtu d’une ample robe violine, que voit débarquer dans son bureau Marc-Aurèle Abdaloff, détective assermenté du Groupement National de Détection privée, section parisienne. Jaspucine Corday – tout lien avec la célèbre Charlotte pourrait ne pas être fortuit – le somme de retrouver une femme dont elle lui présente 3 portraits différents. Seuls indices : un sourire – sadique ! – et des berceaux… Marc-Aurèle la prendrait bien pour une comique si elle ne payait pas en rubis et diamants.

Le démarrage de Fées, weed et guillotines reprend les éléments classiques du polar noir : le détective imperturbable, la belle qui vient le solliciter pour une disparition mystérieuse et, en arrière fond, une légère critique de la société. Mais très vite l’affaire change d’axe et se part d’atours fantastiques. Car la belle est une fée, ses ennemis sont des nuitons, et l’enquête de Marc-Aurèle va mettre au jour un complot d’envergure.

Karim Berrouka nous entraîne dans un récit sympathique, rythmé et plein d’humour, jusque dans le nom des chapitres. Le style est vif, les dialogues pleins de verve, percutants, bien qu’un peu crus par moment. Il présente une société féérique matriarcale et dictatoriale, ultra codifiée, et pour laquelle les hommes ne sont bons qu’à élever leurs moutards. Très loin de la fée Clochette, Jaspuscine a la délicatesse d’un camionneur.

Pour aider Marc-Aurèle, Etienne, son fidèle ami, chef de la division des crimes extrêmes, et Premier de la classe. Éternel adolescent, boulet pathologique, mais doté d’une culture phénoménale, et d’une mémoire eidétique, il se révèlera être un atout indispensable à l’équipe. Un de mes rares regrets concernant ce livre tient à ce personnage. Il est tellement surprenant qu’on souhaiterait en savoir plus, qu’on imagine l’histoire cachée, et qu’on repart frustré de n’en rien connaître.

Fées, weed et guillotines est un petit roman réjouissant. Karim Berrouka profite du décalage entre ses univers pour tacler gentiment les travers de notre société et notre propension à l’action irréfléchie, notre besoin de mouvement perpétuel. On regrettera juste un léger coup de mou au milieu, avec un léger sentiment de dispersion, où l’on se demande un moment si l’auteur n’aurait pas perdu de vue le fil de son intrigue. Mais il n’en est rien, et les wagons se raccrochent entre eux.

– Douze étages… Faut avoir un grain pour construire des édifices aussi hauts… Ça tient de la démence.
– Ne me dites pas que vous êtes montée à pied…
– Bien sûr que je suis montée à pied. Vous avec une meilleure solution ?
– L’ascenseur…
– Connais pas.

Roman publié aux éditions ActuSF

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