Ce qu’il reste de la Grineraie / Julie Madon

Ce qu’il reste de la Grineraie / Julie Madon

Couverture de Ce qu'il me reste de la Grineraie de Julie Madon27 juillet. Ambre, dix-sept ans, contemple les champs de vignes depuis la banquette arrière. Quand les roues crissent sur le gravier, accourent le grand-père, les oncles et tantes, les cousins. Derrière eux, la Grineraie, inébranlable, ” la maison d’enfance chérie, théâtre des vacances éternelles. Commence un long été, un été de torpeur joyeuse et de repas interminables. Un été comme les autres ? C’est sans compter sur la découverte, dans un recoin méconnu du grenier, d’un étrange objet. D’où vient-il ? Qui en est le propriétaire ?
23 juillet. J’ai seize ans et cet été, je travaille aux vignes pour monsieur Fermant. J’aide aussi le paternel à retaper notre chez-nous. Bientôt une chambre pour les deux cadettes ! Cet été s’annonce sans saveur. Je compte déjà les semaines avant la rentrée. Mais l’arrivée des vacanciers, dans la maison voisine, va occuper mes soirs et agiter mes jours. Qui sont-ils ? À quoi ressemble leur vie, si loin, si près ?
Ambre et lui. Deux étés. Deux vies parallèles, qui vont bientôt se heurter l’une à l’autre, dans un coup de tonnerre, un renversement, un tremblement de terre. Deux vies pour raconter ce qu’habiter veut dire, ce que les maisons taisent entre leurs quatre murs.

Avis : Ce qu’il reste de la Grineraie est une histoire sur les lieux qui nous hantent. Julie Madon, connue aussi sous le nom de Nora Aurée comme musicienne, est sociologue. Elle s’est intéressés à ce thème car elle a une maison d’enfance dans le Lot, qui lui a inspirée ce
roman. Où elle a d’ailleurs écrit pendant le confinement du Covid. « le premier qui voit les Vigneys a gagné » dit la consigne. La Grineraie est donc en partie tirée de sa vie mais beaucoup transformée également. Ambre, 17ans, y vient en vacances retrouver son grand père et toutes sa famille : oncles et tantes, cousins. C’est la seule fille des petits enfants. Elle aime ce lieu, le temps qui ralenti, l’ennui, les habitudes…

« Elle, pour qui la Grineraie est la source de tous les souvenirs, le berceau douillet où gouter chaque morceau de jour. Mais tout en regardant l’ombre du garçon contre la façade, tout en apercevant ses sourcils froncés et ses pupilles avides, elle comprend un peu les rythmes lancinants, la contrainte, l’entrave puis la fuite que peut imposer la maison. »

Quelle surprise de trouver au grenier la maquette identique de la Grineraie. C’est grâce à son cousin, Oscar qu’elle va au grenier et va même retrouver le carnet/journal d’un ancien occupant de la Grineraie. Elle développe une obsession pour savoir qui est ce garçon qui a a peu pres el meme age qu’elle et va enquêter avec son grand père sur le sujet… Le grand plaisir de ce roman est cette (en)quête mais il y beaucoup de quêtes secondaires : l’adolescence et sa fin, les relations amicales et familiales. Les lieux et ce qu’ils transmettent … ou pas.

« C’était devenu lugubre. Vous ne trouvez pas qu’elle est lugubre cette pièce ?

-Non, c’est dingue. C’est ma pièce préférée de la Grineraie. »

3eme livre que j’ai lu pour le prix des lectrices de Voxe (lien hypertexte) Ce qu’il reste de la Grineraie de Julie Madon m’a un peu déçu.
L’histoire est chouette, les descriptions sont belles, mais pour moi il manque encore et toujours du lien à faire avec Ambre, l’héroïne… elle me parait complément à la ramasse avec ses amis , surtout avec Maud « l’amie absolue ». alors même qu’elle fait montre d’une introspection rare pour une ado…

« Plus que le sentiment de fraude qui la hante, il y a aussi cette frustration que toute la famille ait eu vent de cette victoire sauf la personne qui en aurait été le plus fière. »

Elle s’entiche de l’histoire de celui que l’on ne connaîtra que tardivement comme Maurice alors que certains des membres de sa famille paraissent tristes (Arthur, Lisbeth, le Toche…) et ayant besoin de parler…

« Un soleil a son zénith, odieux éclat de triomphe ».

Puis elle continue son obsession des années plus tard en emmenant ses amis proches de le Grineraie, sans leur dire son envie de continuer l’enquête… et en faisant fi de leurs projets de vie ou en tout cas en étant suffisamment distraite pour que les gens ne souhaitent pas lui parler de leurs projets…

Bref, si je l’ai lu jusqu’au bout c’est parce que voulais savoir qui était ce Maurice. Et la fin en pied de nez a réussi le tour de force de clôturer habilement tout en me laissant sur ma faim…

Vous l’aurez compris je ne me battrai pas malheureusement pas pour Ce qu’il reste de la Grineraie lors des délibérations de jury du prix des lectrices de Voxe. Mais faites vous votre avis par vous-même, beaucoup des autres jurées ont eu l’air d’apprécier ce roman.

Roman publié aux éditions Eyrolles.

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