Le Fossoyeur / Adam Sternbergh

Le Fossoyeur / Adam Sternbergh

couverture de le fossoyeur d'Adam Sternbergh aux editions denoel

Il se fait appeler Spademan, le Fossoyeur, presque un nom de super-héros. Vous ne saurez jamais son vrai nom. Il a été éboueur. Un jour, il a trouvé un bébé dans un sac-poubelle. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans la série d’attentats radioactifs qui a vidé New York de ses habitants.
C’était il y a longtemps : une autre vie. Maintenant, Spademan est tueur à gages. Il est resté dans les ordures, mais son salaire a considérablement augmenté. Il n’est pas sexiste : homme, femme, il s’en fout. Vos raisons, il s’en fout. D’ailleurs, le fric aussi il s’en fout. Et quand on lui demande de tuer la fille du richissime prédicateur T.K. Harrow, une gamine qui vient tout juste d’avoir dix-huit ans, il n’y voit aucun problème. Mais dans la toile de Harrow, pour la première fois de sa sinistre carrière, Spademan n’est pas la plus grosse araignée.

Avis : Cela faisait un moment que Le fossoyeur était dans ma PAL et je suis très contente de l’en avoir tiré. J’ai vraiment passé un bon moment avec ce roman noir, son univers cyberpunk et post-apo et son Léon des temps modernes.

New York, futur indéterminé. Dans une cité désertée par ses habitants et ostracisée par ses touristes, suite à une série d’attentats qui a laissé la ville exsangue et en proie aux radiations, Spademan est « éboueur ». Hommes ou femmes, il s’en fout, lui il vous débarrasse de vos ordures, il ne fouille pas dedans. Et les affaires fonctionnent bien pour ce solitaire qui n’attend plus rien de la vie. Jusqu’au jour où il accepte le contrat que le révérend T.K. Harrow met sur la tête de sa chère fille. Perséphone et son comportement déluré font honte à la grandeur de sa famille, dit-il. Mais les histoires de famille, ce n’est jamais si simple…

J’ai trouvé à cette histoire un côté rétro qui ne m’a pas déplu, bien au contraire. Bien que se déroulant dans un univers futuriste, il y avait dans le ton et dans ce héros désabusé, quelque chose qui m’a rappelé les films noirs des années 40. Le style d’Adam Sternbergh est immersif. La narration se fait (presque entièrement) du point de vue du personnage principal, dans un genre de conversation qu’il aurait avec le lecteur. L’absence de ponctuation pour marquer les dialogues accentue cet effet.

L’ambiance est noire, la violence prégnante. Le fossoyeur évolue dans un monde qui a perdu ses repères moraux et dont la population préfère, bien souvent, trouver l’oubli dans une réalité virtuelle, dans une quête stérile d’un paradis blanc. Je vous ai parlé de Léon au début de ma chronique, car il est juste impossible de ne pas penser au film de Luc Besson.

Mélange de roman noir sur la vacuité de la vie dans une société qui se désagrège, et d’action, Le fossoyeur se lit d’une traite.

Je tue des hommes. Et des femmes, aussi, parce que je ne suis pas sexiste. Mais pas les enfants ; je laisse ça à d’autres psychopathes.

Roman publié aux éditions Denoël (Lunes d’encre) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Dolisi

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