Un fond de vérité / Zygmunt Miloszewski

Un fond de vérité / Zygmunt Miloszewski

Couverture de Un fond de vérité de Zygmunt MiloszewkiTeodore Szacki, Tome 2

Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.
Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif… Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

Avis : Ce fond de vérité est bien macabre et le reste pour toute l’enquête car il s’y mêle, du patriotisme, de la religion et des intérêts assez malsains. Le procureur Teodore Szarcki doit, cette fois, faire face à l’antisémitisme massif d’une partie de la population et au fond de vérité contenue dans de vieilles croyances que le reste de la population ne peut s’empêcher d’imaginer.

C’est avec beaucoup de plaisir que je lis ce procureur pas comme les autres depuis Les impliqués. Nous le retrouvons ici divorcé, et loin de sa fille. Il a une copine de 15 ans sa cadette mais il ne cherche pas à vraiment à la connaître. Klara est vue par son prisme souvent misogyne et parfois mesquin. Sa nouvelle chef, surnommée Ourson, est tout le contraire de la précédente. Elle est grosse et fabrique des desserts succulents pour le palais de justice quand l’autre était maigre, laide et arriviste. Oui, Szarcki n’est vraiment pas tendre avec les femmes et parle même de sa « bureaucrate frigide de collègue ». Barbara Sobieraj, donc, lui tape d’abord sur les nerfs mais ensuite il va apprendre à l’apprécier comme une amie, puis beaucoup plus que cela se jouera entre eux. Son ancien ami et commissaire de police, Oleg Kuzniecov, lui manque. Mais il va finalement reconnaître en Wilczur, (son nouveau, même si très vieux, commissaire), un allié.

J’aime toujours autant ce personnage qui ne laisse rien passer, à personne et surtout pas à lui-même !!! Zygmunt Miloszewski sait nous le rendre attachant et les situations, notamment avec les femmes ou les médecins légistes, sont malgré tout assez comiques.

L’enquête est encore plus machiavélique que la précédente. Cette fois, le « problème » ne vient pas des polices sécrètes russes, mais de l’antisémitisme flagrant des Polonais. Et comme toujours, les démêlés de Teodore Szacki avec les journalistes n’arrangent pas les choses. Dans cette affaire-là, il va même aller jusqu’à déclencher des rassemblements antisémites. Les rebondissements sont très bien dirigés, avec l’enquête dans l’enquête, car Teodore soupçonne rapidement des gens dans la justice ou la police. Il doit donc doublement faire attention à qui il fait confiance. Et la fin est anthologique, car totalement imprévue !

Il y a toujours une place fondamentale laissée à l’Histoire de la Pologne et c’est toujours aussi passionnant. Les pogroms, les juifs revenus qui n’étaient pas attendus, les médecins juifs soutenus, la légende des tonneaux pour tuer les enfants goy…

Bref, Un fond de vérité est une lecture plaisir et intense que je vous conseille plus que vivement !

PS: J’ai déjà lu le troisième tome, La Rage, qui est encore meilleur…

Roman paru aux éditions Pocket – Traduit du polonais par Kamil Barbarski

 

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