Cartel / Don Winslow

Cartel / Don Winslow

couverture de Cartel de Don Winslow2004. Adan Barrera, incarnation romanesque d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, tandis qu’Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, veille sur les abeilles dans un monastère.
Quand Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix, la CIA et les Mexicains sortent l’Américain de sa retraite : lui seul connaît intimement le fugitif.
La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde. Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence inouïe, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours.
Jusqu’où ira cette vendetta ?

Avis : Quelle entrée en matière fulgurante ! On est en 2012 dans un hélico, en mission au-dessus de la jungle. C’est dans un rythme effréné que l’on repart ensuite en 2005, passant d’un monastère à une prison mexicaine. Et c’est à peine croyable, mais des prisonniers y vivent comme des rois ! Imaginez Prison break saison 2, avec encore plus de privilèges !!!

Avec ses 720 pages, Cartel est comme une bible et pas seulement car on y parle du bien et du mal ! On y retrouve les deux seigneurs de La griffe du chien, Adan Barrera et Art Keller, et c’est bien un autre clin d’œil biblique ! Ils continuent ici la guerre qu’ils s’étaient précédemment déclarée. Et cette guerre est doublée de celle entre cartels, et même triplée, avec celle que leur livrent les organismes anti-drogue.

Cartel parle aussi de rédemption, avec ses histoires comme des paraboles : vieille prostituée aveugle dans un bidonville, jeune garçon qui part en maison de redressement à cause d’une broutille et qui s’y fait violer, belle jeune fille qui croit tirer son épingle du jeu mais qui sera livrée au baron de la drogue car elle est trop belle, journalistes en prise avec leur conscience professionnelle, femmes qui relèvent le défi de tenir une ville alors que les familles et les représentants de l’état en sont partis…

Ces paraboles sont violentes, éprouvantes et diaboliquement efficaces pour se plonger dans l’enfer de ces guerres. J’ai été maltraitée par cette lecture, mais tout est si bougrement bien écrit que je n’ai pas lâché prise… et je ne le regrette pas ! Malgré toute l’horreur, c’est un récit tonique et poignant. Et si j’ai préféré The Kings of Cool et Savages, du même auteur, je recommande malgré tout cette « bible » des guerres de la drogue, car comme les autres livres de Don Winslow, l’ironie des dialogues et la véracité du ton emportent tous mes suffrages.

Roman paru aux éditions Seuil – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch

 

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