D’après une histoire vraie / Delphine de Vigan

D’après une histoire vraie / Delphine de Vigan

couverture de d apres une histoire vraie de delphine de vigan« Encore aujourd’hui, il m’est difficile d’expliquer comment notre relation s’est développée si rapidement, et de quelle manière L. a pu, en l’espace de quelques mois, occuper une place dans ma vie.
L. exerçait sur moi une véritable fascination.
L. m’étonnait, m’amusait, m’intriguait. M’intimidait. (…) L. exerçait sur moi une douce emprise, intime et troublante, dont j’ignorais la cause et la portée. »
D. de V.

Avis : Quelle succession de chocs ! Chocs des mots (L. pour elle, l’autre femme, le double rêvé…), choc des idées (« le mystère de l’écriture : c’est juste où ça ne l’est pas! » dit l’héroïne alors que L. souhaite dépecer les auteurs de leur vie), chocs des visions de la vie (n’avoir qu’une amie et une seule…).

Quelle dualité également à lire ce roman : est-on voyeur ou celui qui est observé ? Est-on du côté du harceleur sans le savoir ou le sait-on au fond de nous ? Jusqu’où un écrivain va-t-il dans la communication ou l’isolement pour travailler son texte ? A t-il la liberté dans le choix de son sujet ou est-ce la destinée ou le flot des pensées des autres qui le poussent vers ce choix ?

Que de suspense dans ces 3 années tellement rocambolesques et pourtant si vraies (?). La schizophrénie n’est pas loin, tant du point de vue de l’écrivain de D’après une histoire vraie que du lecteur même, qui finit un livre sur l’écriture d’un livre, contenu dans celui d’avant mais qui se termine avec FIN * comme le fait L. dans le roman. Je vous ai perdu ? Désolée, mais Delphine de Vigan est tellement intelligente dans ses formulations et dans son questionnement que cela est vraiment compliqué de démêler le vrai du faux et le fictif du réel.

Donc je réessaye : A t-on affaire au faux livre écrit par L. ou au « livre en creux » contenu dans le livre d’avant (autobiographique celui-là) de l’auteur décrite dans D’après une histoire vraie ? La fin nous pousse à croire à un faux livre et mêle divinement bien le réel du sujet de ce livre (qu’est-ce que la vérité ?) et la notion de folie.

Le traitement de ce sujet est perturbant, mais viscéralement actuel : doit-on vendre du vécu pour divertir et plaire aux foules ? Ou le « juste » comme le dit l’héroïne, est-il plus vendeur ?

Delphine de Vigan se rit de nous, lecteurs. Elle (L. ?) pousse le vice à nous semer pour mieux nous faire comprendre son point de vue. Que finalement, l’écriture et la lecture ne peuvent pas être vraies, que la vérité absolue n’est qu’une illusion. Elle va même jusqu’à utiliser des passages de ses livres préférés (écrits par d’autres auteurs et qu’elle aurait dans sa bibliothèque…) pour créer la vie de L.

Un livre « authentiquement » choc, dont l’écriture fluide et belle ne rend que plus touchant.

Roman publié aux éditions Le livre de poche

 

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