Sarah Thornhill / Kate Grenville

Sarah Thornhill / Kate Grenville

couverture de Sarah Thornhill de Kate Grenville aux éditions PointsInsouciante et tumultueuse, Sarah Thornhill, fille d’un ancien bagnard, a grandi le long du fleuve Hawkesbury, dans une Australie encore sauvage. Quand sa famille s’oppose à son union avec Jack, son amant métis, il la quitte. Désespérée, Sarah cherche à comprendre la réaction de ses proches. Quel secret sanglant peut-il donc lier les Thornhill aux aborigènes de la région ?

Avis : Frustrée par cet été sans soleil, j’ai eu envie de me perdre dans les contrées lointaines de l’Australie. Ce roman a pourtant été un déchirement à tout point de vue, et ce, du début à la fin.

Inscrivant son histoire dans les paysages arides du sud-est de l’Australie, Kate Grenville n’a pas réussi à m’y transporter, par manque de descriptions. Si l’on s’imagine bien l’environnement dans lequel évoluent les personnages, leur sédentarité m’a ennuyé. Les lieux dans lesquels ils évoluent se comptent sur les doigts d’une main et restreignent une intrigue à fort potentiel.

On y suit l’évolution de Sarah Thornhill, depuis son enfance jusqu’à sa vie de jeune maman. Si la promesse d’un personnage au caractère déterminé et insouciant se tisse dès les premières pages, elle n’est finalement qu’image de surface. Certes, la jeune fille grandit avec les erreurs du passé de sa famille, mais elle reste finalement assez soumise à son destin. Cela est d’autant plus déroutant qu’on accède à ses pensées très déterminées et que l’on s’attend à ce qu’elle ne baisse pas les bras aussi rapidement. De plus, en refermant le livre, j’avais l’impression que le personnage n’avait pas avancé dans sa vie. Sarah Thornhill se lit comme un souffle. On inspire d’excitation face aux péripéties (sommes toutes assez classiques) qui se présentent à cette jeune fille intrépide, on expire toute notre désolation face à l’usage qu’il en est fait et à la réaction de Sarah.

Le style de l’auteure amplifie cette incohérence. Parsemé de pensées philosophiques sur la vie, le roman reflète l’authenticité du pays et de l’époque par des tournures peu littéraires, alourdies d’expressions répétitives qui cassent le rythme du récit et l’émotion entre les personnages. Le manque de discernement apparent entre la narration et les dialogues est également déroutant.

Une intrigue prometteuse dans un cadre où l’imagination est reine mais freinée par un style et des personnages maladroits.

Roman publié aux éditions Points – Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol.

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