Body / Harry Crews

Body / Harry Crews

couverture de Body de Harry Crews aux éditions Folio«Elle s’appelait Shereel Dupont, ce qui n’était pas son vrai nom. Trois mois qu’elle n’avait pas eu ses règles, mais elle n’était pas enceinte. Non, c’était mieux et pire que ça. C’était la faute au bodybuilding…» La faute aux protéines en poudre, aux régimes sans eau et aux développés-couchés sous une barre chargée de fonte. Le concours pour être Miss Cosmos se gagne dans le moindre détail. Russell Morgan, lui-même retiré des compétitions, ne laissera personne leur dérober le titre. Personne ne doit voir sa protégée. Ni le fiancé revenu du Vietnam, ni sa famille de ploucs complètement cinglée, encore moins les concurrents. Il n’y a pas de pitié. Juste le sacre et la beauté des corps. Juste ces cinq cents terribles grammes en trop pour être couronnée…

Avis : Body est le premier et unique livre de Harry Crews que j’ai lu. Un roman particulier dont la lecture me laisse inconfortable. Je ne peux pas dire que j’ai aimé ni détesté. Il ne me laisse pas indifférente non plus.

Le monde du bodybuilding est ici dépeint dans tous ses excès : culte du corps, privation, souffrance, troubles psychologiques.
De même, pour la famille de Dorothy (alias Shereel), une bande de ploucs du fin fond de l’Amérique : obèses, armés, dangereux et très peu cultivés. Très caricatural donc.
Rien de très inspirant pour moi, mais les descriptions de Harry Crews sont tellement bien faites que j’ai eu l’impression de vivre dans l’ombre des personnages le temps du roman.

Derrière une situation totalement déjantée, tout comme les personnages, on découvre un roman tragi-comique, voire noir.
L’histoire se passe sur à peine deux jours et se lit de manière très fluide et rapide. La pression monte au fur et à mesure que les heures s’égrènent jusqu’à la compétition. Cette progression est autant dû à la concurrence très rude qu’à l’arrivée de cette famille totalement improbable, décalée dans ce monde « parfait », et dont certains membres peuvent montrer une violence imprévisible.
La question qui m’a hanté tout ce temps était de savoir si Shereel allait remporter le titre de Miss Cosmos et si oui, comment ? Du fait de son travail ou par l’intervention de sa famille ?

Le final m’a totalement prise au dépourvue et je pense que c’est pourquoi ce livre m’a dérangé. Je ne m’y attendais pas et je n’imaginais pas du tout une fin comme celle-ci.

Body de Harry Crews aura au moins eu l’intérêt de me sortir de mes lectures habituelles.

Roman publié aux éditions Folio (Policier) – Traduit de l’anglais (américain) par Philippe Rouard

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