Même les cow-girls ont du vague à l’âme / Tom Robbins

Même les cow-girls ont du vague à l’âme / Tom Robbins

couverture de Même les cow-girls ont du vague à l'âme de Tom Robbins Dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde, Sissy Hankshaw décide de devenir la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Partant ainsi à l’aventure, elle fera une série de rencontres étonnantes qui transformeront sa vie : la Comtesse, magnat des déodorants intimes ; Julian Gitche, l’Indien qui sera un temps son mari ; le docteur Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout les cow-girls du ranch de la Rose de Caoutchouc qui revendiquent l’égalité avec les hommes sous la conduite de la belle et sauvage Bonanza Jellybean.

Avis : Même les cow-girls ont du vague à l’âme m’a fait de l’œil, puis il m’a pris en stop (ou bien est-ce moi ?) et je ne l’ai plus lâché !

La couverture est énormissime et ne m’a vraiment pas laissé indifférente. Elle a du peps et on ne remarque pas tout de suite les pouces, ce qui m’en ensuite beaucoup intriguée.

L’histoire est rocambolesque mais profonde, novatrice alors qu’elle date tout de même de 1976, loufoque et tendre. Elle marque par ses revendications (homosexualité, féminisme, écologie, racisme, …) qui ne dépareraient pas aujourd’hui, malheureusement.

Il s’agit de suivre la vie de Sissy Hankshaw et de toutes ses rencontres, inédites et frapadingues. De sa naissance avec deux pouces hypertrophiés à sa tristesse lors d’une fête d’ado où quelqu’un se moque d’elle à l’aide de pouces immenses en carton, en passant par la lecture de ses paumes par une cartomancienne, puis son départ sur la route en auto-stop.

Activité qu’elle va élever au rang d’art, et qui va lui permettre de rencontrer des personnages uniques, à la hauteur de ses appendices disproportionnés. Comme Jellybean, qui rêve depuis toute petite de devenir cow-girl, mais que l’on a toujours essayé de décourager. Ou son futur mari, Jullian Gitche qui ne s’accepte pas en tant qu’indien et qui peint des aquarelles pour un magnat de la lutte contre les odeurs féminines, La Comtesse, pour qui Sissy fera d’ailleurs le mannequin…

Il y a bien d’autres personnages au ranch à la rose de Caoutchouc, dont une multitude de cow-girls, des grues et un « chinetoque ». Le docteur Robbins et le chinetoque sont deux personnages burlesques qui valent le détour et marqueront à jamais nos cow-girls. Et bien évidemment les routes que suit Sissy, le Dakota ou New York font partie intégrante des personnages de ce livre.

À travers les tribulations de Sissy, qu’elles soient métaphysiques, sentimentales et sexuelles ou road-movi-esques on devine en toile de fond, une Amérique blasée, conformiste ou au contraire vibrante et allant de l’avant contre vents et marées.

Et comme le dit si bien le chinetoque : « Je crois en tout, rien n’est sacré. Je ne crois en rien, tout est sacré. »

À méditer donc… mais avec drôlerie et profondeur !

Roman publié aux éditions Gallmeister – Traduit de l’anglais par Philippe Mikriammos.

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