Le miroir de Cassandre / Bernard Werber

Le miroir de Cassandre / Bernard Werber

couverture de Le miroir de Cassandre de Bernard WerberRésumé : Et vous, que feriez-vous si vous pouviez voir le futur et que personne ne vous croie?

Avis : Après mon retour vers cet auteur chéri de mon adolescence qu’est Bernard Werber avec Demain les chats, me voici lisant Le miroir de Cassandre paru en 2010. J’ai eu du mal à rentrer dans celui-ci car l’héroïne, Cassandre, y est moins drôle et originale que la petite chatte Bastet. Il m’a fallu attendre le tiers du livre pour vraiment commencer à apprécier l’histoire.

En revanche, les thèmes chers à Bernard Werber sont toujours présents. On parle prévisions et prémonitions ; terrorisme, écologie et transcendance. Mais aussi famille, amitié et respect de la vie, humaine ou animale. Les prénoms et leurs sens sont aussi un thème important pour cet auteur et central dans ce livre.

Ainsi, Cassandre, de même que son homologue du passé, n’est pas écoutée quand elle prédit des attentats. Il faut dire qu’elle n’est pas vraiment sûre d’elle car elle est à la recherche de son passé, dont elle ne se souvient pas avant ses 13 ans. Elle est l’expérience 24 qu’ont menée ses parents. C’est progressivement que l’on découvre son histoire.

Comme l’arrivée de son frère, expérience 23, qui lui remet une montre. Pas n’importe laquelle, puisqu’elle permet à son porteur de connaître la probabilité qu’il a de mourir dans les 5 secondes. Et donc, de science et d’histoire, on glisse vers la science-fiction.

Cette performance, entrevoir le futur immédiat d’une personne donnée, est accompagnée chez Cassandre de visions prémonitoires. Elle a donc la capacité de se sauver de situations délicates, que ce soit quand elle fuit son orphelinat ou qu’elle essaie d’arrêter les terroristes.

J’ai beaucoup aimé le fait qu’elle se réfugie dans un dépotoir où vivent 4 SDF qui vont plus ou moins bien l’accueillir. On y vit sur des tas d’immondices plus que puants. Il faut y roter, péter et cracher sinon, on n’appartient pas à leur tribu.

Ces 4 SDF vont devenir ses chevaliers. Et d’ailleurs, ils se sont eux-mêmes noblement nommés : Orlando est Baron, Esméralda est Duchesse, Kim est Marquis et Fetnat est Vicomte. Cassandre quant à elle, deviendra leur Princesse.

Ce regard dur sur notre société, par ceux-là même qu’on traite en rebus vivants sur notre propre tas d’immondices, est vraiment intéressant et pour moi novateur. Ils ne veulent pas de Cassandre car elle sent encore bon, et qu’elle vient leur demander de sauver des « bourgeois » qui ne les remercieront pas… et pourtant, ils vont bel et bien l’accueillir et l’aider à sauver leurs vies.

J’ai adoré toutes les scènes de désamorçage de bombes et de sauvetage, que ce soit dans le métro, dans la bibliothèque ou dans la réserve d’eau potable de la ville de Paris. Et bien sûr, la scène de l’attaque de la déchèterie par les soldats terroristes, épique et barrée à souhait.

J’ai moins adhéré aux scènes avec le frère de Cassandre. Quant aux passages avec le directeur Papadakis, qui est là pour faire monter la pression et impressionner Cassandre, je n’y ai pas vraiment cru.

Un autre ressort de la narration de Bernard Werber est de renvoyer chaque personnage que Cassandre rencontre à un acteur ou actrice qu’elle croit reconnaitre. Cela m’a un peu lassé, d’autant que les références ne m’étaient pas très connues et concernaient de relativement vieux films.

De même, toute l’histoire sur l’expérience qu’elle est, expérience 24, que ses parents ont menée m’est apparu comme un cheveu sur la soupe. Ne pas parler jusqu’à ses 9 ans, avoir imprimé « expérience 24 » sur sa porte de chambre, ne pas être utilisée par le directeur du ministère ou par son frère pour améliorer leurs propres expériences me parait un peu bizarre. Et qu’elle ait été laissée dans le flou, alors qu’elle est considérée soit comme étant dangereuse, soit super intelligente et prometteuse n’a pas de sens.

Toutefois, je suis enthousiaste pour le projet de l’arbre des possibles et du ministère officieux de la prospective. Je vote pour.

Même si je ressors un peu déçue par Le miroir de Cassandre, je n’en suis pas moins éblouie de voir comment Bernard Werber nous ballade avec de belles histoires qui nous font réfléchir et qui sont toutes reliées les unes aux autres, avec des personnages attachants et irrévérencieux, qui ont le codeur sur la main et de l’ambition pour des lendemains qui chantent… pour tous.

Roman publié au Livre de poche

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