La rivière noire / Arnaldur Indridason

La rivière noire / Arnaldur Indridason

couverture de Outrage de Arnaldur IndridasonErlendur Sveinsson, Tome 9

Résumé : Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol… Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée.
Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’adjointe d’Erlendur et cuisinière émérite, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. Des indices orientent les inspecteurs vers d’autres sévices soigneusement tenus secrets.
En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.

Avis : Quel suspense ! Que de fausses pistes ! Quel travail remarquable de la détective Elinborg ! D’Arnaldur Indridason, je n’avais lu que Le livre du roi et j’ai été ravie de lire La rivière noire, dont les personnages sont semble-t-il récurrents à beaucoup de ses romans. Ici on suit peu le très connu Erlendur, mais surtout sa collègue Elinborg.

Arnaldur Indridason m’a plongée dans l’univers de sa détective et de ses collègues en seulement quelques chapitres. J’ai eu l’impression de les connaître et de les apprécier (plus ou moins j’avoue) très rapidement. Il mêle la vie d’Elinborg et son enquête de façon très habile. J’ai aimé le stress de mère qu’elle ressent lorsqu’elle lit le blog de son fils, la douleur qu’elle a de devoir édulcorer son travail pour l’expliquer à sa fille, sa tristesse de ne pouvoir assez communiquer avec son entourage. Cela apporte vraiment de la réalité à cette enquête. Ce procédé intensifie également les détours plus ou moins sinueux que l’enquête subit.

Nous avons d’abord un homme mystérieux, qui est la victime d’un meurtre sanglant ; puis nous découvrons qu’il ne serait pas « blanc comme neige ». Il a un ami également bizarre et étrangement réservé. Puis on explore son passé dans un petit bled et les non-dits s’accumulent : faux accident de voiture, femme de petites mœurs, bâtards, mère abusive (?), secret de polichinelle, suicide…

Cette détective fouille toutes les micro-preuves qui se dressent ou se cachent, c’est selon, sur son passage. Ne serait-ce qu’une odeur… Elle arrive à remonter dans le temps, à ce qu’on lui fasse aussi des confidences. Et elle a la capacité de distinguer les gens qui mentent, de ceux qui disent la vérité. Elle fait confiance à son instinct et cela fonctionne très bien, mais sans précipitation, et c’est là où l’auteur est bon : on y croit. Cela ne va pas de soi, cela peut prendre du temps, mais elle y arrive.

Elinborg ne se prend pas pour LA LOI et ne juge personne. Elle se pose des questions sur le bien fait d’avoir liquidé de la surface de la terre un monstre et n’y répond pas forcément. C’est rafraichissant, même si dans ce cas particulier, j’avoue que la femme en moi n’a pas de doute….

J’ai vraiment été happée par cette enquête et j’ai hâte de lire d’autres livres de cette série. Surtout la suite pour savoir où est Erlendur et qui est réellement leur autre collègue. Et aussi pour savoir comment les enfants de mon enquêtrice préférée vont grandir.
J’ai même hâte de rencontrer Arnaldur Indridason, aux Quais du polar à Lyon.

Roman paru aux éditions Vintage Books – Anglais traduit de l’islandais par Anna Yates

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