La maison de l’assassin / Bernhard Aichner

La maison de l’assassin / Bernhard Aichner

Couverture de La maison de l'assassin de Bernhard AichnerBlum, Tome 2

Résumé : Il y a deux ans, Blum a retrouvé les cinq responsables de la mort de son mari, Mark, et les a froidement éliminés un à un pour assouvir sa vengeance… Aujourd’hui, alors qu’elle a tout juste appris le décès d’une sœur jumelle, Björk, dont elle ignorait l’existence, les restes de l’une de ses cinq victimes viennent d’être exhumés. Bien vite, la police va faire le lien. La personne ayant procédé à la mise en bière du corps sera la première suspectée – à savoir Blum, qui dirige une entreprise de pompes funèbres. Elle décide alors de prendre la fuite et trouve refuge en pleine Forêt Noire, dans la famille de Björk. Mais, alors qu’elle s’y croit en sécurité, le piège se referme sur elle. Hier chasseuse, Blum est aujourd’hui la proie…

Avis : Vengeances nous présentait le personnage si particulier de Blum, une femme torturée par son passé, ayant développé une moralité bien particulière, se basant sur une totale absence de scrupules. La maison de l’assassin se déroule 2 ans plus tard. On y découvre Blum, seule, à moitié morte dans une maison abandonnée…

Trois semaines plus tôt… Blum apprend subitement qu’elle a eu une sœur jumelle ; elle n’a pas toujours été seule. Cette pensée va l’obséder, et le besoin de savoir d’où elle vient, pourquoi sa sœur et elle ont été séparées, de connaître cette sœur, va la dévorer. Elle part alors pour Vienne, puis pour la Forêt Noire, au cœur de l’Allemagne.

Et sur sa route, elle pourrait bien rencontrer des êtres encore plus perturbés qu’elle… À commencer par Leo Kuhn, qui a fait de la plastination d’êtres humains couplée à celles d’animaux une attraction, un freak show – un art, dit-il. Bernhard Aichner confirme là son penchant pour l’atypique, le morbide, les sujets qui dérangent et interrogent. Mais Léo va également lui présenter Ingmar et Alfred, la famille de Björk, sa sœur. Tous deux vivent dans les fastes du passé, au cœur d’un ancien hôtel de luxe, enfermés dans les échos d’une vie qui aurait pu être.

Blum a tellement soif d’amour, tant besoin d’avoir le sentiment d’appartenir à une cellule familiale, de ne pas être seulement le jouet d’Hagen et Herta, qu’elle est prête à croire n’importe quoi, faire confiance à n’importe qui, afin de ressentir ce sentiment d’appartenance. En dépit de sa morale élastique, Blum reste un personnage attachant qui, malgré les souffrances endurées et les dysfonctionnements qu’elles ont engendrés s’en est, paradoxalement, remarquablement bien tiré.

Au vue du début, on s’attend fortement à ce que l’un des protagonistes dissimule une âme noire, et qu’à tout moment il la révèle en agressant Blum. On imagine les mensonges et les secrets qui gangrènent cette famille que Blum souhaite tellement avoir trouvé. On sait, qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la Forêt Noire… Ce procédé est à double tranchant car même s’il met le lecteur sur le qui-vive, il brise également une part du suspense.

En parallèle, sa vie à Innsbruck se délite de façon brutale et irréversible : suite à un désaccord familial, une des tombes où elle avait caché les restes de l’un des assassins de son mari est ouverte ; Blum devient bien sûr la première suspecte.

Parviendra-t-elle à s’en sortir ? Le moment est-il venu, comme elle croit, d’expier ses pêchés ?

Blum avait enterré le Mal. Elle ne s’était pas attendue un instant à ce qu’il remonte un jour à la surface.

Roman publié aux éditions L’Archipel – Traduit de l’allemand par Céline Maurice

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