Des enfants trop parfaits / Peter James

Des enfants trop parfaits / Peter James

Couverture Des enfants trop parfaits de Peter JamesRésumé : Naomi et John ont perdu leur fils de quatre ans, Halley, emporté par une maladie génétique rare. Et ils sont aujourd’hui prêts à tout pour ne plus revivre un tel cauchemar. Même à l’insensé : faire appel aux services d’un généticien génial, mais très controversé. Pour 400 000 dollars, le docteur Dettore leur garantit un bébé en bonne santé. Comment résister à pareille promesse ? Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives…. Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Avis : Des enfants trop parfaits propose un sujet de réflexion très intéressant et polémique. Et si l’avancée de la science nous permettait de choisir les gènes de nos futurs enfants ? Quels sont ceux que nous conserverions ? Supprimerions ? Irions-nous jusqu’à tout modifier pour promettre un avenir radieux et sans embûches à notre progéniture ? Ou, au contraire, limiterions-nous nos modifications pour ne pas faire de notre enfant un prodige ayant du mal à s’insérer dans la société ? C’est là tout l’enjeu de la réflexion de Naomi et John lorsque que le professeur Dettore leur propose de faire un « bébé sur mesure ». J’ai grandement apprécié le sujet de ce roman : la tentation de l’eugénisme. Perspective séduisante, la question de l’éthique est centrale dans l’intrigue. Naomi et John sont en proie à un dilemme. Jusqu’où peuvent-ils aller dans la modification de l’ADN de leur futur enfant ? Quelles sont pour eux les valeurs, les qualités essentielles qu’ils veulent lui léguer ?

Grâce à la plume fluide et percutante de Peter James, le lecteur est pris dans l’engrenage de la réflexion. A chaque nouvelle situation à laquelle Naomi et John se retrouvent confrontés, on se pose mille et une questions. J’ai trouvé la trame de fond excellente. Si certains rebondissements sont prévisibles, leur enchaînement donne un rythme plaisant à l’intrigue. A chaque page, on s’attend à voir le sort s’acharner contre ce couple qui désire simplement fonder une famille et continuer à vivre après la perte de leur premier enfant. Une fois la naissance arrivée, ils doivent tout d’abord faire face aux effets secondaires des modifications génétiques qu’ils ont choisies. En parallèle, ils sont oppressés par une société qui oscille entre avidité pour l’exceptionnel, l’extraordinaire et haine farouche contre tout ce qui défit la vision divine de la conception du monde. J’émets toutefois un bémol pour ce dernier point car les protagonistes, selon moi, ont été traités un peu caricaturalement et trop rapidement.

Ce roman m’a autant tenu en haleine qu’il m’a également fait réfléchir sur un sujet brûlant et original. 

Roman publié aux éditions Pocket – Traduit de l’anglais par Raphaëlle Dedourge.

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