Ainsi fleurit le mal / Julia Heaberlin

Ainsi fleurit le mal / Julia Heaberlin

couverture Ainsi fleurit le mal de Julia HeaberlinRésumé : À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d’ossements humains et au côté d’un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des « Marguerite » – surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série –, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane.
Presque vingt ans ont passé. Aujourd’hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix – celles des Marguerite qui n’ont pas eu sa chance –, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l’assaille… Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ?

Avis : Tessa est une « Marguerite », seule survivante d’un tueur en série qui recouvrait ses victimes de marguerites aux yeux jaunes… A 16 ans, traumatisée, perdue, à moitié amnésique, son faible témoignage avait suffi à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Aujourd’hui, alors que la condamnation est sur le point d’être exécutée, la femme qu’elle est devenue doute. Le coupable présenté n’était-il pas trop parfait, trop simple ? Et si c’est vraiment lui, qui dépose des marguerites sous ses fenêtres ? Pour lui, pour elle, et pour toutes les Marguerites qui crient dans ses pas, Tessa est bien décidée à découvrir la vérité.

Avec Ainsi fleurit le mal, Julia Heaberlin nous plonge dans un thriller psychologique passionnant. C’est un récit intimiste qui prend son temps, mais captive de bout en bout. Le lecteur devient dingue de ne pas savoir : de quoi se souvient Tessa ? Qu’est-il arrivé à Lydia, sa meilleure amie ? Qui est le « monstre » ? La construction narrative est particulièrement habile et accentue le suspense, grâce à un découpage entre passé et présent.

Le personnage de Tessa, profondément attachant, porte le récit sur ses épaules. On suit tour à tour Tessie la jeune fille, puis Tessa la femme, avec angoisse, émotion, admiration devant sa force de caractère, devant cette femme qui, vaille que vaille, tente de se reconstruire, mais dont le souvenir des autres Marguerites ne la quitte jamais… Autour de son héroïne, Julia Heaberlin construit de subtils arcs, où elle aborde aussi bien les thèmes de la culpabilité du survivant et de la reconstruction de soit, qu’elle interroge subtilement sur le complexe sujet de la peine de mort.

La tension se mélange à la pression que Tessa subit. À l’époque, où tout le monde attendait d’elle qu’elle identifie le coupable – qu’elle se souvienne – et aujourd’hui, où un homme probablement innocent vit ses dernières heures dans le couloir de la mort – et où tout le monde attend qu’elle se souvienne. À l’angoisse de l’échéance qui s’approche de plus en plus, s’ajoute celle de savoir qui s’amuse à planter des marguerites sous les fenêtres de Tessa… un plaisantin morbide, ou le vrai tueur ?

Gros coup de cœur pour Ainsi fleurit le mal de Julia Heaberlin !

Roman publié aux éditions Presses de la cité – Traduit de l’anglais par Cécile Leclere

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