A voté / Isaac Asimov

A voté / Isaac Asimov

couverture de A voté d'Isaac AsimovRésumé : En 1955, Isaac Asimov imagine le nec plus ultra de la démocratie sondagière.

Avis : A voté, écrit en 1955, est pourtant un texte qui résonne fortement dans l’actualité de 2016, entre les élections choc américaines, et celles de la France qui se profile sombrement…

Nous sommes en 2008 et les États-Unis s’apprêtent à élire leur nouveau président. Toute l’Amérique est en pleine effervescence électorale et particulièrement l’État de l’Indiana où il se murmure que sera choisi l’Électeur de l’année, représentant de la population nationale… Seul face à la super machine Multivac, ses réponses aux questions qui lui seront posées détermineront le résultat de l’élection pour le pays tout entier. À une époque où les enquêtes d’opinion commencent à prendre place dans la société américaine, Isaac Asimov imagine la machine ultime, celle qui, d’après les opinions d’une seule personne, sera capable d’imaginer celles de la majorité… établissant ainsi le résultat des scrutins de la manière la plus « démocratique » qui soit.

Quand Asimov imagine le miracle de la technologie future, cela se traduit par une vision acérée d’une société politique toujours plus manipulatrice et avide. Mais là où l’auteur va encore plus loin c’est en démontrant comment les hommes peuvent devenir complices, presque malgré eux, de cette situation. Son personnage, Norman Muller, est au départ plus que récalcitrant à ce procédé. Il ne veut pas voter, le poids de la responsabilité le fait trembler. Et pourtant, c’est heureux, fier même, qu’il ressortira de l’expérience. Et l’homme devint citoyen.

En bonus, A voté propose une courte biographie de l’auteur, le rappel du contexte dans lequel la nouvelle prend place, ainsi qu’une liste d’ouvrages et de films pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin. Je ne sais pas si c’est la même chose à la fin de tous les volumes de la collection, mais ces petites précisions enrichissent grandement le texte.

Dans ce monde imparfait, les citoyens souverains de la première et la plus grande démocratie électronique avaient, par l’intermédiaire de Norman Muller (par son intermédiaire à lui !), exercé une fois de plus, librement et sans contrainte, leur droit électoral.

Nouvelle publié aux éditions Le passager clandestin (Dyschroniques) – Traduit de l’anglais par Denise Hersant

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