Tromper la mort / Maryse Rivière

Tromper la mort / Maryse Rivière

couverture de Tromper la mort de Maryse RiviereQuatrième de couverture : Pas assez d’eau pour noyer un homme, pas assez de bois pour le pendre, pas assez de terre pour l’enterrer… Rattrapé par l’âpreté de l’Irlande, le libraire de Montmartre pourra-t-il échapper à son destin ? Traqué par les polices française et irlandaise, son spectre se fond dans les tourbières, se confond aux brumes, se morfond dans les pubs… Ombres et lumières des légendes celtiques, mystères de l’âme irlandaise, au cœur de l’action policière…
Prix du Quai des orfèvres 2015

Avis : Amatrice de romans policiers et férue de l’Irlande au point de m’y installer, j’avais été séduite par la présentation de Tromper la mort et sa quatrième de couverture plutôt alléchante. Alors qu’en est-il ? Et bien j’ai trouvé ce roman policier très moyen, bien qu’il ait obtenu le « Prix du Quai des Orfèvres 2015 ». Quant aux paysages irlandais, ils n’ont rien fait pour le sauver.

Yann Morlaix, ancien libraire de Montmartre devenu tueur en série, est laissé pour mort dans les catacombes parisiennes. Plusieurs années plus tard, son ADN est retrouvé sur une série de cadavres de jeunes femmes en Irlande. Yann Morlaix n’est pas mort et le Capitaine Damien Escoffier a une revanche à prendre. Voyageant entre la France et l’Irlande dans le cadre d’une coopération entre la justice de ces deux pays, le capitaine Escoffier découvre l’Irlande et ses mythes et tente de comprendre les motivations de Yann Morlaix pour le mettre définitivement hors d’état de nuire.

L’aspect policier est donc une part importante de Tromper la mort, malheureusement il n’est pas du tout travaillé. C’est comme si Maryse Rivière n’avait fait aucune vraie recherche sur le milieu et s’était contentée de ses connaissances assez limitées.
L’intrigue n’avance pas ; les indices principaux n’en sont pas vraiment car ils ne conduisent pas à la résolution de l’enquête ; les témoins et autres personnages secondaires ne jouent aucun rôle majeur. On s’attend constamment à ce qu’un lien soit établi entre tous les éléments et jusqu’au bout j’ai espéré une révélation. Hélas non, ça sonne creux.

Quant à Yann Morlaix, ce tueur en série assassinant des femmes au cours de ses déplacements, ses motivations sont tout aussi obscures. On essaie de comprendre, d’assembler les pièces du puzzle. Mais non, rien non plus avec lui : un tueur en série qui attend de se faire arrêter et dont la personnalité est plate à souhait. Pour résumer, nous avons une police française qui recherche le caractère mystique des assassinats et qui s’appuie sur la psychologie du tueur. Autant de travail de description de la part de l’auteure que j’ai jugé inutile, puisque rien de ce que les enquêteurs pensent trouver ne s’avère correspondre au profil de Yann Morlaix. Un Capitaine de police, Damien Escoffier, qui se découvre une passion pour l’Irlande mais qui ne fait pas avancer l’enquête – il vient pour le travail ou pour les vacances ? Ce n’est jamais bien clair.

Et l’Irlande dans tout ça ? Ce n’est pas très gai. On découvre une île en proie à la crise et à la criminalité, où l’ombre de l’IRA plane toujours. Yann Morlaix, recruté par le mafieux le plus dangereux du pays, doit assurer les livraisons de drogues et autres trafics douteux aux quatre coins de l’île. Encore une fois, je suis déçue par l’auteure qui ne nous présente ici que les lieux touristiques et ne nous fait pas autant voyager que ce qu’annonçait la quatrième de couverture : Doolin, Glendalough, Powerscourt… « Le guide du Routard allégé pour policier en vadrouille ». Avait-elle peur de se lancer dans des descriptions de lieux moins connus ? En connaît-elle d’autres ? Bien sûr, je ne m’attendais pas à ce qu’un tueur en série se la coule douce dans les beaux quartiers, mais l’image de Dublin qui nous est présentée ici me paraît poussiéreuse et loin du dynamisme que je ressens en tant qu’expatriée. Quand l’auteure a-t-elle effectué son dernier voyage sur l’Ile d’Emeraude?

Ajoutons à cela une romance digne de collégiens et une fin sortie de nulle part, et nous obtenons un livre certes, pas désagréable à lire, mais réellement incohérent et qui me laisse de marbre.

Roman paru aux éditions Fayard

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