Rêver / Franck Thilliez

Rêver / Franck Thilliez

couverture de Rever de Franck ThilliezQuatrième de couverture : Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.
Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Avis : Rêver est un roman à la structure complexe mais fascinante. Guidé par une échelle de temps, c’est pas à pas que Franck Thilliez nous immerge dans les méandres de son intrigue. Il s’amuse avec la temporalité, et balade son lecteur entre deux dates clés : le 6 décembre 2014 où Abigaël, notre héroïne, a un terrible accident de voiture pendant lequel son père et sa fille perdront la vie, et le 24 juin 2015, où toutes les cartes seront enfin révélées. Entre les deux, Abigaël se débattra avec la réalité et les rêves, essayant de démêler le vrai du faux, le fantasme du factuel.

L’auteur centre son récit sur deux affaires distinctes, qui pourtant paraissent étroitement liées l’une à l’autre. Pourquoi Abigaël ne garde-t-elle presque aucun souvenir de l’accident, que s’est-il réellement passé ce jour-là ? Que cachait son père ? En parallèle, elle reprend peu à peu l’enquête sur laquelle elle travaillait en collaboration avec la gendarmerie avant l’accident. Une terrible affaire d’enlèvements d’enfants où le criminel s’amuse à provoquer les autorités.

Malheureusement, Abigaël, en plus du traumatisme auquel elle doit faire face, souffre d’un trouble sévère du sommeil : la narcolepsie. Les moindres maux en sont un besoin de siestes intempestives, et des visions hypnagogiques (sorte d’hallucinations) ; les pires des crises de cataplexie qui la paralysent et des rêves – des cauchemars plutôt – si intenses qu’il lui est de plus en plus difficile de distinguer le rêve du réel. Cette maladie, aussi terrible qu’elle soit pour ceux qui en souffrent, a tout d’un merveilleux terrain de jeu pour un auteur de thriller.

Rêver est un terrible page turner. Franck Thilliez nous balade et on adore ça ! Rêve ? Réalité ? Le lecteur doute, croit son héroïne parce qu’il l’apprécie, et doute encore… Abigaël est toujours seule, il n’y a jamais de preuves autres que ce qu’elle aurait pu elle-même mettre en scène. Alors ? Est-ce réel ou devient-elle folle ?

Le jeu instauré par l’auteur autour de la temporalité apporte un grand dynamisme à l’histoire. Et en écrivain accompli, Franck Thilliez sait soigner ses chutes ; les chapitres se terminent bien souvent par de mini cliffhanger rendant très difficile de lâcher sa lecture. Les 200 dernières pages de Rêver sont d’ailleurs tout simplement palpitantes.

Un récit intelligent, ciselé qui met au cœur les failles psychologiques de ses personnages, mais aussi les mécanismes de la mémoire.

Soyez attentif à votre lecture ! Un code secret se cache entre ces pages, qui vous sera utile pour débloquer un ultime chapitre…

Roman publié aux éditions Fleuve

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