Les suprêmes / Edward Kelsey Moore

Les suprêmes / Edward Kelsey Moore

couverture de Les supremes de Edward Kelsey MooreRésumé : Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittés : tout le monde les appelle « les Suprêmes », en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. L’intrépide Odette converse avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines se retrouvent tous les dimanches dans l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana : entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de poulet frit en élaborant leurs stratégies de survie.

Avis de June : Ne me souvenant plus du résumé au moment où j’ai entamé Les suprêmes, j’ai apprécié découvrir au fil des pages les trois personnages principaux : Clarice, Odette et Barbara Jean. Ces trois personnages ont un caractère propre, décrit par l’auteur avec beaucoup d’humour et de bienveillance alors qu’il aborde les thèmes de la mort, de la maladie et de la ségrégation raciale.

J’ai apprécié le côté humain privilégié par Edward Kelsey Moore. Les réactions des personnages sont celles que l’on pourrait aisément avoir dans la vraie vie. Les scènes décrites sont simples et semblent si réelles. Au fil de l’intrigue, on rencontre les différents personnages qui partagent le quotidien des Suprêmes. Cela amène l’auteur à faire de nombreux flash-backs pour nous raconter aussi bien l’origine de l’amitié des trois femmes que les différents événements qui l’ont renforcé. L’auteur nous donne les éléments dont nous avons besoin sur le passé de ses héroïnes au moment adéquat, tout en poursuivant l’intrigue principale avec une fluidité d’écriture très appréciable.

Les suprêmes a marqué mon esprit, tant par les différentes émotions qu’il a suscité chez moi que par la réflexion que j’ai eu pendant et après ma lecture sur les thèmes qu’il aborde. Tout à fait agréable, surtout si vous avez apprécié La couleur des sentiments de Kathryn Stockett.

Roman publié par les éditions Actes Sud (Babel) – Traduit par Chloé Tralci

Avis de Lisou : Recette d’un livre bouleversant, enivrant et onirique sur les tournants que prennent les vies de nos trois héroïnes :

– Une touche de romantisme : juste un exemple, la danse de Chick (nu) sur du blues devant Barbara Jean mériterait une aussi bonne place dans nos mémoires que les danses de Grease ou de Dirty Dancing ;

– Une pincée d’irrévérence avec le franc-parlé d’Odette et sa vision des gens décédés. La naissance de chacune des Suprêmes donne lieu à des moments plus que rigolos : Clarice est la première à naître dans un hôpital réservé aux blancs, Barbara Jean naît sur le divan d’une professeure d’école et Odette est née dans un sycomore !!! ;

– un doigt d’humour avec les prédictions abracadabrantes de Minnie qui font d’un mariage une scène apocalyptique, ou qui poussent ceux qui la croient à pondre des enfants en attendant que celui-qui-doit-être-exceptionnel naisse…. ;

– une poignée de violence entre le racisme très virulent et le harcèlement subi par Barbara Jean, ou encore Richmond qui trompe allègrement sa femme, Clarice ;

– une grosse cuillère d’amitié car malgré leurs défauts, ces amies-là donneraient leurs vies les unes pour les autres, au-delà parfois de tous jugements (quand elles y arrivent) et Odette a plu d’une fois sauvée Barbara Jean de viols ou simplement de la honte ;

– une louche de résilience : grâce à leur amitié, ces 3 femmes vont surmonter les aléas de la vie et expérimenter une renaissance que peu de personnes peuvent envisager.

À servir tendrement à tous ceux à qui vous souhaitez des émotions en lecture.

Roman paru aux éditions Actes Sud (Babel) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cloé Tralci avec la collaboration d’Emmanuelle et de Philippe Aronson.

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Les pipelettes en parlent

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