L’inconnue du quai / Mary Kubica

L’inconnue du quai / Mary Kubica

couverture de L’inconnue du quai de Mary KubicaQuatrième de couverture : La première fois que je l’aperçois, elle se tient sur le quai bondé de la gare de Fullerton, à Chicago. Il fait un froid à vous glacer les os, il pleut à verse. Elle serre un bébé dans ses bras. Rien ne les abrite. Quelques jours plus tard, elle est de nouveau là. Aussi fragile. Cette fois, je vais lui parler. Sans trop savoir pourquoi. Ni où tout cela va me mener…
Hantée par l’image de cette jeune sans-abri et de son bébé, Heidi néglige l’avis de son mari et l’hostilité de sa fille : elle ouvre sa maison à l’inconnue du quai. Qui est vraiment Willow ? Mutique, vulnérable, a-t-elle quelque chose à voir avec l’inquiétante Willow Greer, dont le compte Twitter est plein de conseils macabres sur le suicide ? Peu à peu, la présence de l’inconnue dans la maison agit comme un révélateur des fissures familiales…

Avis : Le premier roman de Mary Kubica, Une fille parfaite, avait fait partie de mon top 2015. J’avais donc très envie de découvrir L’inconnue du quai, mais j’avais également beaucoup d’appréhension à le débuter, car je craignais qu’il ne soit pas aussi bon que le précédent. Mais le pouvait-il vraiment ?

Le début a d’ailleurs été difficile, je n’arrivais pas rentrer dans l’histoire ; on ne sait pas trop où l’auteure nous emmène. Deux narrateurs s’alternent, Heidi et Chris, pour nous conter le quotidien de leur petite famille sans histoires. On se sent balloté dans ce récit et avouons-le, pas vraiment passionné. Jusqu’à ce que les confessions de Willow viennent s’ajouter à leurs voix. Willow, l’inconnue du quai, l’invitée indésirable qui s’immisce dans cette famille ; une jeune sans-abri flanquée d’un nouveau né, mystérieuse, sauvage, renfermée sur elle-même. Et jusqu’à la phrase qui change tout. Le récit prend alors un nouvel axe, surprenant et inattendu.

On retrouve la justesse des mots de Mary Kubica pour faire passer les émotions. Pour Willow en tout cas, cela a très bien fonctionné. On s’attache à cette jeune fille au fil de ses révélations, au fur et à mesure qu’on comprend l’ampleur de l’horreur qu’elle a vécue, et que l’on admire sa force et son courage. Avec cette manière atrocement simple et vraie que Willow a de raconter, et même si certains doutent, le lecteur sait lui qu’elle n’a rien inventé. Pour Heidi, c’est l’inverse. Mon capital sympathie s’est petit à petit amenuisé, face à son attitude de plus en plus malsaine. Quant à Chris, le mari au départ indifférent, vivant comme en marge de cette famille, il reprend conscience de son rôle et de son attachement, alors qu’il la voie se déliter peu à peu.

Rupture psychotique, obsession, drames familiaux… Chroniquer L’inconnue du quai est difficile car je crains de trop en dire, mais comment bien parler de ce livre sans évoquer certaines choses ? Et s’il n’est en effet pas aussi fort qu’Une fille parfaite car je suis restée à l’écart des sentiments de certains personnages, il n’en est pas moins profondément émouvant et déchirant. Mary Kubica a un don pour le tragique, dans les histoires d’amour en particulier. Et la dernière page tournée, on ne peut s’empêcher d’espérer…

Spoiler alert

Roman publié aux éditions Moisaïc – Traduit par Carole Benton

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