L’épée de l’hiver / Marta Randall

L’épée de l’hiver / Marta Randall

couverture de L epee de l hiver de Marta RandallQuatrième de couverture : Dans le pays glacé de Cherek, lord Gambin de Jentesi va mourir et le chaos menace. Durant les quatre décennies de sa toute-puissance, Gambin a tenu sa province d’une main de fer. Tandis que complotent ses quatre héritiers possibles, le peuple de Cherek observe avec inquiétude les péripéties de la passation de pouvoir. Car si la puissance de Gambin passe tout entière à ses héritiers, Cherek risque de voir compromises les promesses d’un avenir meilleur et de retomber dans l’obscurantisme. Dans cette atmosphère empoisonnée, un tissu d’intrigues se tisse autour de Lyeth, femme lige du seigneur de Jentesi, qui déteste l’homme cruel qu’elle a servi.

Avis : A Cherek, le roi Gambin se meurt. Après 40 ans d’un règne cruel, tous les yeux sont tournés vers Jentesi-sur-la-Rivière, attendant de voir qui reprendra le trône. Retors jusqu’au bout, Gambin s’est bien gardé de désigner un héritier, préférant assister au spectacle : lequel des 4 prétendants sera le plus acharné à prendre le pouvoir ? Lyeth quant à elle, attend le jour de son trépas avec impatience, le jour où elle sera enfin délivrée de son serment de fidélité et où elle pourra retourner à son rôle de messagère et non plus représentante de la cruauté royale.

Mais, lorsque Lyeth arrive en ville pour répondre à son devoir, elle ne se doute pas qu’elle est devenue une pièce maîtresse dans la course au pouvoir. Si elle est bien décidée à rester en dehors de tous les troubles et manigances politiques, tous les protagonistes impliqués sont eux, résolus à l’y plonger. Marta Randall donne ainsi à son récit une légère coloration de thriller, bien que cet aspect apparaisse assez tard dans le roman, presque à la moitié du livre. Harcèlement, intimidation, trahison et assassinat vont plonger le château de Jentesi dans la peur.

C’est un monde riche que nous dévoile L’épée de l’hiver. Un monde fait de différentes strates, formées par les guildes, la soldatesque, l’aristocratie, les villages, les peuplades… Un monde beau et cruel, entouré par la froidure de l’hiver ; les images en sont saisissantes. Mais c’est également un monde en pleine évolution. Par la mort annoncée du Seigneur en place, promesse de changement, mais surtout par le progrès qui a atteint les portes de Cherek : le télégraphe rendra bientôt la guilde des Cavaliers obsolètes, la vapeur permet de merveilleuses et terrifiantes machine, un nouveau continent a été découvert…

On ne fait pourtant qu’effleurer la surface d’un monde réellement passionnant. On aurait aimé en savoir plus sur l’histoire de Cherek, sur celle de Lyeth, sur les Piégeurs, sur la mythologie entourant leurs croyances – la Mère, le Père, la Mort… Marta Randall a posé les bases d’un univers si vaste avec L’épée de l’hiver qu’on voudrait en connaître tous les recoins.

Lyeth est une héroïne au caractère farouche, qui tente de se protéger par une attitude bourrue et froide. Secrète, elle porte son talma comme une carapace. Elle a toutefois su s’entourer d’amis fidèles qui lui seront d’une aide précieuse dans les épreuves à venir. Elle s’est également attaché les pas d’un jeune garçon. J’ai adoré le personnage d’Emris, drôle et impertinent. C’est par lui que Marta Randall apporte de l’émotion de son récit. Il aurait néanmoins été utile d’accorder plus de temps au développement de leur relation. Là c’est un peu rapide, même si touchant.

Très agréable lire, l’écriture de Marta Randall est fluide, et le récit coule tout seul. L’épée de l’hiver a réellement su m’emporter dans ses pages avec beaucoup de plaisir, et c’est avec regret que j’ai quitté son monde.

Roman publié aux éditions Les moutons électriques (La bibliothèque voltaïque) – Traduit par Nathalie Serval

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