Vengeances / Bernhard Aichner

Vengeances / Bernhard Aichner

couverture de Vengeances de Bernhard AichnerRésumé : Brünhilde Blum déteste son prénom. Elle déteste encore plus ses parents adoptifs, qui dirigent une entreprise de pompes funèbres. Lors d’une croisière en Croatie, Blum – comme elle se fait appeler – décide qu’il est temps pour eux de mourir… Elle a 24 ans.
Huit ans plus tard, elle vit avec l’homme qui le premier a répondu à l’appel de détresse lancé depuis le voilier. Mark est policier. Elle a repris et modernisé l’entreprise familiale. Ils sont les parents de deux fillettes de 3 et 5 ans. Ils sont heureux. Mais la moto de Mark est percutée par une voiture : tout sauf un accident ! Mark meurt. Elle poursuit seule l’enquête qu’il menait – cinq hommes avaient enlevé des migrantes moldaves, qu’ils violaient et torturaient. Blum décide alors de venger Mark. Or, quand il s’agit de tuer – on l’a vu –, Blum n’a aucun scrupule. Encore moins de remords…

Avis : Vengeances propose une histoire atypique, dont la force repose en grande partie sur son héroïne, un personnage complexe qui ferait sans doute le bonheur d’un psychiatre ! Bernhard Aichner lance ici une trilogie – ce premier tome peut se lire indépendamment – qui se veut moderne, noire et sans pitié.

Blum s’est construite seule, entre des parents qui recherchaient un employé pour leur entreprise de pompes funèbres plutôt qu’un enfant. Alors qu’elle avait enfin fini par trouver le bonheur et la stabilité, son mari se fait faucher par une voiture. Accident ? En mettant de l’ordre dans ses affaires, Blum découvre qu’il enquêtait sur une sombre histoire de séquestration et de viols en réunion… et qu’on l’a tué pour le faire taire. Blum ne se demande pas si elle a droit à la vengeance, elle la veut, elle l’appelle par tous les pores de sa peau. Ceux qui ont détruit son bonheur, elle les détruira.

Blum est un personnage fort et particulièrement retors. Elle a sa propre conception de la moralité et de la justice. Elle n’est pas réellement une sociopathe, mais certaines de leurs caractéristiques se retrouvent en elle. D’après son code, les gens se séparent en 3 catégories : ceux qu’elle aime, ceux qui méritent qu’on les protège, et les autres. Et pour ceux-là, elle n’a aucuns scrupules, aucun état d’âme, aucune barrière. Et en dépit de ce petit côté instable, on ne peut s’empêcher de s’attacher à elle, de souhaiter qu’elle sorte de sa quête sans dommages. Bien sûr, le fait que les hommes qu’elle poursuit soient des monstres n’y est sans doute pas étranger non plus !

Le style de Bernhard Aichner est particulier, il instaure une atmosphère éthérée à l’intrigue. Le mot récit prend ici tout son sens. Visuel, le cinéma ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisque Vengeances est en cours d’adaptation. Les premiers chapitres, qui amènent la personnalité hors norme de Blum sont très réussis. Accrocheurs, ils annoncent une histoire originale, implacable, que la suite ne dément pas.

Vengeances est un thriller efficace et prenant. Blum ne se pose pas de question sur le bien et le mal, elle sait, elle avance. Parviendra-t-elle à retrouver les assassins de son mari ? Assemblera-t-elle les pièces du puzzle à temps ? Dans sa quête effrénée de revanche, saura-t-elle rester le chasseur et ne pas devenir à son tour la proie ?

Roman publié aux éditions L’Archipel – Traduit par Céline Maurice

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