Trepalium

Trepalium

affiche de la serie TrepaliumSynopsis : Dans un futur proche, dans une société où 80% de la population est sans emploi, une jeune femme, Izia, tente de survivre. Elle est née dans « la Zone », du mauvais côté du Mur, un Mur qui a été dressé pour séparer les Zonards des 20% d’Actifs de la Ville.
Au fil du temps, les tensions se sont accentuées entre les deux territoires : une rébellion est née parmi certains chômeurs. Les Activistes multiplient les actes de sabotage et de pression, et l’équilibre entre la Ville et la Zone se fragilise. Le Gouvernement décide alors de mettre en place la mesure des « Emplois Solidaires » pour calmer la situation : 10.000 habitants de la Zone vont être sélectionnés pour travailler dans la Ville.

Créée par Antarès Bassis, Sophie Hiet (2016)
Avec Léonie Simaga, Pierre Deladonchamps, Ronit Elkabetz
Série Française – Genre : Science-fiction – Format : 6×52’
Série terminée

Avis : Trepalium, la nouvelle production d’Arte, est une série d’anticipation qui frappe fort. En lien avec les préoccupations de notre époque, Trepalium invite à la réflexion et touche du doigt les plaies de notre société. Chômage, précarité, souffrance au travail, inégalités, individualisme… un futur glaçant mais oh, combien familier, accentué à son paroxysme. Ici, l’individu ne se définit plus que par un seul aspect : son travail.

C’est la négation de l’individu la plus totale. Seule son utilité compte. Et pour bien séparer le bon grain de l’ivraie, le gouvernement a érigé un mur. D’un côté, la Zone, où sont parqués tous les sans-emplois. De l’autre, Aquaville, une multinationale surpuissante dans laquelle chaque homme travaille et à laquelle il se doit de rendre des comptes. Le Mur fait plus que tracer une ligne entre actifs et zonards. Il distingue réellement deux mondes : d’une part, un univers aseptisé, froid, carré, déshumanisé, de l’autre, la crasse, la misère, la faim, mais la vie. La fracture entre les deux univers est visuellement très réussie, saisissante. Les décors et les costumes accentuent la différence entre les classes.

Trepalium suinte la haine et le mépris. C’est un univers noir que les créateurs nous présentent. Les habitants d’Aquaville véhiculent l’idée que les zonards méritent leur place, ils les voient comme des sous-hommes et n’ont guère plus de considération pour leurs concitoyens. Ils ne vivent que pour servir leur entreprise. Ils alimentent, volontairement, un système qui fait d’eux des esclaves. Mais quel que soit le côté du mur où ils se trouvent, ce sont des hommes et des femmes en proie au désespoir. Ils sont prêts à tout pour conserver leur place, ou pour en changer. Les acteurs, par leur jeu sobre et maîtrisé, incarnent parfaitement ces êtres dysfonctionnels.

Les six petits épisodes qui composent cette unique saison de Trepalium se regardent tout seul, d’une seule traite. Chacun est introduit par une citation. Nous y retrouvons des grands noms de la science-fiction (Ray Bradburry, Philip K. Dick) mais aussi celui de philosophes (Machiavel, Freud). Le découpage n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui d’un livre, les épisodes se dessinant comme autant de chapitres et se terminant par un mini cliffhanger, invitant ainsi à « lire » la suite. Le dernier n’échappe pas à cette règle ; exepté qu’il laissera cette fois au téléspectateur le soin de lui donner un sens et d’imaginer le futur…

Toutefois, la brièveté de la saison ne permet pas de développer complètement les idées avancées, notamment du côté des actifs. L’univers en dehors d’Aquaville est particulièrement abstrait, le problème de la pollution de l’eau est à peine esquissé. De même pour la vie dans la Zone, où ce sont surtout les activistes qui sont mis en avant.

« A-t-on l’obligation de travailler pour avoir le droit d’être quelqu’un ? »


Trepalium

15 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *