Légationville / China Miéville

Légationville / China Miéville

Couverture de Legationville de China Miéville aux editions FleuveRésumé : Perdue aux confins du vide sidéral, Arieka est une petite planète qui vit en vase clos, à l’écart de toutes les routes commerciales connues. À sa surface coexistent des humains et des autochtones extraterrestres, les Ariekiens, que l’on appelle aussi « les Hôtes ». Mais seuls quelques humains génétiquement modifiés peuvent communiquer avec ces derniers. Ils forment ainsi une sorte de caste à part, et se font appeler « les Ambassadeurs ». Un système accepté de tous, qui permettait à la planète de vivre dans une relative harmonie… Jusqu’au jour où un nouvel Ambassadeur arrive de l’espace, avec des intentions peu louables. Apparemment, la Terre aurait décidé de s’emparer manu militari d’Arieka…

Avis : C’est le 2e livre de l’auteur que je lis. The city & the city m’avait déjà marquée par son originalité, mais il était entouré d’un cadre l’encrant dans notre réalité. Ce n’est pas le cas ici. Légationville est un pur concentré d’inventivité, à tel point qu’il peut parfois perdre son lecteur. Monde, technologie, physiologie, géographie, mœurs, langue… tout y est novateur.

Écrit à la première personne, Légationville est le récit d’une révolution. Avice, jeune immerseuse, revient dans son pays natal après avoir parcouru l’espace, auréolée de la gloire de celle qui est partie, de celle qui a appréhendé l’inappréhendable. En deux temps, elle conte son retour et les évènements qui ont marqués sa vie, la conduisant là où elle est aujourd’hui ; à la fois témoin de l’éclatement du mode de vie des Legationvillois et actrice de la résistance.

China Miéville est un auteur aux romans exigeants. Leur lecture nécessite une grande concentration, particulièrement ici où il nous plonge littéralement dans son monde, sans nous apprendre à nager auparavant. Il présente un univers complètement original qui s’accompagne bien sûr de son propre vocabulaire, pour lequel on pourra regretter l’absence d’un lexique. On finit par appréhender l’ensemble, mais cela demande un temps d’adaptation. Même après cela il faut rester attentif, tant ce monde est complexe et le récit par moment décousu.

Légationville marque surtout par son travail sur la linguistique, sur son lien avec la pensée et avec ce que nous sommes ou représentons. Mais il est également question ici de pouvoir. Comme souvent, savoir qui le détient, qui veut l’obtenir, est au cœur des affrontements. Frappés par l’arrogance et l’impatience des hommes c’est toute une culture, un courant de pensée qui se retrouve dans la tourmente.

Roman publié aux éditions Fleuve – Traduit par Nathalie Mège

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