Les profondeurs / James Grippando

Les profondeurs / James Grippando

Couverture de Les profondeurs de JamesGrippando aux éditions MosaicRésumé : Les marais des Everglades sont troubles, ce matin. On vient de trouver le corps d’une femme. Une femme noire. Abe est procureur, réputé irréprochable et sans tache et, pour lui, cette scène de crime n’est pas différente d’une autre. Mais quand on identifie le corps, et que l’agent Victoria Santos lui demande s’il connaît cette femme, Abe hésite à répondre… Une seconde d’hésitation qui le propulse du côté des suspects. Et l’entraîne dans les profondeurs d’une spirale infernale le jour où sa propre femme, Angelina, disparaît à son tour.

Avis : Les profondeurs est un thriller qui avait beaucoup de potentiel, mais qui malheureusement se cantonne au registre du « divertissement ». La lecture en est agréable, mais le fond manque de coriacité. De même l’atmosphère poisseuse qu’aurait dû amener le décor des Everglades et que la couverture laisse pourtant imaginer est absente.

On se perd un peu dans le but poursuivi par James Grippando. Il commence par nous présenter une intrigue (l’enquête sur un tueur en série), pour finalement se focaliser sur une autre. Et tout débute par un mensonge… anodin ? Certainement pas de la part du procureur qui aurait dû être chargé de l’affaire, mais inutile, oui. Et c’est là que le bas blesse, car on a du mal à comprendre le personnage d’Abe Beckham. S’il devient le suspect n°1 dans l’enquête du FBI sur le meurtre de Tyla Tomkins, une jeune avocate en pleine ascension, c’est parce qu’il commence par mentir à la police sur leurs relations. Et s’il ment, c’est donc qu’il doit avoir des choses à cacher ? Et bien, non. Rien qui ne justifiait les mensonges et faux-fuyants qu’il emploie en tout cas. Cela donne au démarrage de l’intrigue un côté artificiel préjudiciable.

Ceci dit, l’écriture de l’auteur est entraînante et les pages défilent toutes seules. James Grippando fait montre d’une réelle expérience dans le traitement des rebondissements. Et même si on aperçoit le fin mot de l’histoire se profiler et que l’on n’est pas complètement convaincu par le sujet qu’il a choisi de traiter, on se laisse facilement emporter.

L’auteur retient également l’attention grâce au personnage de Victoria Santos. Il aurait été intéressant de le développer un peu plus, mais cela a apparemment été fait dans un autre de ses romans, L’informateur.

La fin, inutilement alambiquée, est toutefois décevante. Et quant à l’enquête sur le tueur en série, elle est résolue en 3 coups de cuillère à pots, preuve s’il en était encore besoin du peu d’intérêt que l’auteur lui portait.

Roman publié aux éditions Mosaïc – Traduit par Marc Rosatti

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