L’attrape-cœurs / J.D. Salinger

L’attrape-cœurs / J.D. Salinger

couverture de L attrape coeurs de JD SalingerQuatrième de couverture : Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d’œuvre, « L’attrape-cœurs », roman de l’adolescence le plus lu du monde entier, est l’histoire d’une fugue, celle d’un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n’ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d’aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d’incertitude et d’anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L’histoire éternelle d’un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

Avis : Cela fait des années que ce livre stagnait au fond de ma PAL, que je disais sans cesse que j’allais le lire, sans jamais passer à l’action. Et puis le challenge Déstockage de PAL et Licorne sont passés par là. Et heureusement, car j’ai tout simplement adoré L’attrape-cœurs !

Ce court roman retrace la dérive d’Holden Caufield, jeune lycéen qui vient de se faire renvoyer de son établissement pour la énième fois. Ne supportant plus de rester parmi ses camarades et n’osant retourner chez lui annoncer la nouvelle à ses parents, il décide de partir à New York attendre que ceux-ci l’apprennent et ainsi laisser passer l’orage. Pendant trois jours, nous allons le suivre dans ses errances, et ses rencontres.

L’attrape-cœurs est un récit à la première personne. C’est Holden lui-même qui nous raconte son histoire, comme dans une sorte de journal. Le langage est parlé, familier. Il ne fait attention ni à sa construction, ni aux répétitions. Et Holden est le roi de la digression. Son récit est fouillis, aléatoire. C’est une explosion de sentiments, d’anecdotes, de reproches. Ce parti pris peut rendre ce texte difficile d’accès à certains.

Mais c’est aussi ce qui en fait la beauté. C’est un récit brut, et vrai. Holden est un adolescent perdu, en profond mal-être. Traumatisé par la perte de son jeune frère, seule la présence de sa petite sœur lui apporte du réconfort. Il erre dans sa propre vie, ne sachant où aller, n’ayant aucun véritable but, et se sentant en marge de tous ses camarades, si sûrs d’eux et de leurs parcours. Mal dans sa peau, sa vie, déjà amer à 17 ans, il porte un regard froid et cynique sur tout et tous.

Les mots de J.D. Salinger ont su profondément me toucher. Le désarroi d’Holden, son rejet des règles du monde, son profond amour pour sa sœur m’ont attendri. C’est la larme à l’œil que j’ai tourné la dernière page. Sorti pour la première fois en 1945, L’attrape-cœurs n’en n’est pas moins un texte intemporel.

« – La vie est un jeu, mon garçon. La vie est un jeu, mais on doit jouer selon les règles.
– Oui, monsieur. Je le sais bien. Je sais.
Un jeu, mon cul. Drôle de jeu. Si on est du côté où sont les cracks, alors oui, d’accord, je veux bien, c’est un jeu. Mais si on est dans l’autre camp, celui des pauvres types, alors en quoi c’est un jeu ? c’est plus rien. Y a plus de jeu. »

Roman publié aux éditions Pocket – Traduit par Annie Saumont

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