Lettres écarlates / Anne Bishop

Lettres écarlates / Anne Bishop

couverture de meg corbyn tome 1 de anne bishop chez milady

Meg Corbyn, Tome 1

Quatrième de couverture : Meg Corbyn est une Cassandra Sangue, une prophétesse du sang, capable de prédire l’avenir lorsqu’elle s’incise la peau. Une malédiction qui lui a valu d’être traitée comme de la viande par des hommes sans scrupules prêts à la taillader pour s’enrichir. Mais aussi un don qui lui a permis de s’échapper et l’incite à chercher refuge chez les Autres. Là où les lois humaines ne s’appliquent pas. Même si elle sait, grâce à cette vision, que Simon Wolfgard causera également sa perte. Car si le chef des loups est d’abord intrigué par cette humaine intrépide, peu de choses la séparent d’une simple proie à ses yeux…

Avis : J’avais eu un gros coup de cœur pour la trilogie des Joyaux noirs de l’auteure, j’attendais donc beaucoup de cette nouvelle série. J’ai cependant un avis un peu plus mitigé cette fois. J’étais pourtant extrêmement enthousiaste pendant les ¾ de ma lecture. L’univers de Lettres écarlates est très bien construit, l’intrigue est intéressante et, gros point positif pour moi, l’auteur ne nous soûle pas d’une romance mièvre et sans saveur. Toutefois, la fin m’a parue mal amenée et exagérée.

Le gros point positif de cette nouvelle saga est son monde élaboré. Bien qu’il reprenne pas mal de choses qu’on ait pu déjà voire dans le genre, Anne Bishop a vraiment réussi à proposer quelque chose d’original. Namid (le monde) abrite en son sein deux grandes espèces, les humains et les terra indigene, plus communément appelé les Autres. Après avoir vécu séparés pendant des millénaires, leur expansion naturelle a fait que leurs territoires ont fini par se rejoindre.

Désormais, les Autres vivent dans des Enclos au milieu des grandes cités. Non pas enfermés ou ostracisés, mais comme les prédateurs qu’ils sont. Dans l’Enclos, les lois humaines ne s’appliquent plus. Aux humains de savoir que s’ils y pénètrent, c’est à leurs risques et périls. Les Autres n’ont aucun désir de se lier d’amitié avec les hommes, qu’ils appellent d’ailleurs « singes ». Pour eux, ils ne sont que du gibier. La manière dont l’auteur présente les deux espèces et leurs connexions est rafraîchissante. Elle se moque ainsi subtilement des histoires mêlant trop facilement ces deux espèces ou faisant des surnaturels des peluches cherchant juste quelqu’un à aimer.

La narration est omnisciente, ce qui nous permet de suivre de nombreux protagonistes, procédé rare dans ce type de littérature. Ainsi, nous apprenons aussi bien à connaître le couple de héros, Meg et Simon, que les personnages secondaires. C’est très agréable et cela donne de la force au récit. Le personnage de Meg est attachant, elle apporte une fraîcheur et une naïveté qui va à contre-pied des héroïnes grande gueule que l’on peut habituellement croiser. J’ai également particulièrement apprécié ceux de Monty, nouveau policier chargé de traiter avec les Autres, et de Tess, gérante du café de l’Enclos. Je regrette d’ailleurs qu’une grande partie du mystère entourant cette dernière soit levé à la fin du tome.

Malheureusement, la fin se tire en longueur et les 100 dernières pages m’ont parues poussives. De nombreuses maladresses s’y accumulent. Tout d’abord, un loup qui ne fait pas confiance à son instinct et qui a besoin d’une excuse pour bannir de son territoire quelqu’un dont il se méfie, me semble non seulement incohérent avec ce qu’il est, mais également avec la manière dont nous sont présentés l’Enclos et les Autres. De même, pour des obsédés de la sécurité, je trouve que cela laisse un peu à désirer chez eux… Ils auraient voulu envoyer une invitation à leurs ennemis, qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement ! Tout cela donne une impression de rebondissements artificiels et c’est dommage.

C’est vraiment ma seule contrariété concernant Lettres écarlates, et même si elle a tout de même été de taille, les points positifs viennent suffisamment contrebalancer cela pour me donner envie de poursuivre la série. Il était très agréable de retrouver un roman d’urban fantasy à l’univers développé et dont l’intrigue ne tourne pas autour de la romance. Par ailleurs, la méconnaissance des coutumes des uns des autres apporte une pointe d’humour très agréable.

Roman publié aux éditions Milady

LC avec : Salhuna, Syneha, Erine6

logo du challenge sfff au feminin

18 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *