Satan était un ange / Karine Giébel

Satan était un ange / Karine Giébel

Quatrième de couverture : Tu sais Paul, Satan était un ange… Et il le redeviendra.
Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder. Mettre la musique à fond pour ne plus entendre.
Tic tac… Bientôt, tu seras mort.
Hier encore, François était quelqu’un. Un homme qu’on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif qui tente d’échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu’il aille. Quoi qu’il fasse. La mort est certaine. L’issue, forcément fatale. Ce n’est plus qu’une question de temps. Il vient à peine de le comprendre.
Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer. L’échéance approche.
Je vais mourir.
Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout… Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?
Avis : Après Juste une ombre et Purgatoire des innocents, Karine Giébel surprend avec ce roman tout en finesse, en émotions et en tendresse. Ne vous y trompez pas, il s’agit bien là d’un thriller, sur lequel plane l’ombre de la mort, et dans lequel nous retrouvons la patte inimitable de l’auteure. Mais comme à chaque roman semble-t-il, elle se renouvelle. Moins écorché, celui-ci joue plus sur les sentiments positifs.
La rencontre de François et de Paul, c’est celle de deux mondes que tout oppose. François, la quarantaine bien tassée, est un avocat réputé, BCBG et collet monté, attaché aux bonnes manières et au paraître. Paul a tout juste vingt ans et il a le frustre et l’impertinence des gamins des rues.
Pourtant, une amitié solide, étonnante, va peu à peu se nouer entre ces deux hommes que tout sépare. Une amitié qui défie les lois de la raison ou celles de la mort. Reliés dans leur fuite en avant, fuyant chacun leurs propres démons, ils s’accrochent l’un à l’autre, comme à un dernier lambeau de vie. Et trouvent ce qu’aucun d’eux n’attendaient plus.
On peut difficilement s’empêcher de trouver Paul sympathique malgré sa morale plus qu’élastique. Mais également de s’interroger sur lui, son passé, que l’auteure parsème de petites allusions, qui nous permettent d’entrevoir, d’imaginer… la noirceur qui le constitue.
Confronté à sa mort prochaine, François réalise tout ce qu’il a laissé passer, dans le seul but de s’élever dans la société. Ce jeune homme, placé sur sa route, sera-t-il sa chance de se racheter ?
Avant de débuter ce livre, je n’aimais pas du tout son titre. Avant même de l’avoir fini, je savais qu’au contraire, il était très bien choisi.
« Jusqu’où va l’emmener ce môme ? Jusqu’où osera-t-il le suivre ?
De toute façon, une seule destination possible. Un seul terminus.
La mort. »
 
Roman publié chez Fleuve Éditions (Fleuve Noir) 

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