Le messie de Dune / Franck Herbert

Le messie de Dune / Franck Herbert

 

Le cycle de Dune, Tome 2

 

Quatrième de couverture : Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremen ont conquis l’univers. Il est devenu l’Empereur Muad’Dib. Presque un Dieu, puisqu’il voit l’avenir. Ses ennemis, il les connaît. Il sait quant et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’épice, qui donne la prescience, et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans. Mais il voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre. Il est hanté par la vision de sa propre mort. Et s’il n’avait le choix qu’entre plusieurs suicides ? Et s’il ruinait son œuvre en matant ses ennemis ? Peut-être n’y a-t-il pour le prescient pas d’autre liberté que celle du sacrifice…

 

Avis : Autant mon insertion dans cet univers complexe avait été difficile lors de ma lecture du 1er tome, autant elle a été ici facile. Bien que cet opus soit plus porté sur la réflexion que sur l’action, je ne m’y suis pas ennuyée une minute. L’histoire reste très intéressante et nous propose une fin inattendue (en tout cas pour ceux qui n’auraient pas lu les résumés des prochains tomes !).

 

Le récit se déroule 12 ans après la montée au pouvoir de Paul/Muad’Dib. Malgré sa suprématie, ses ennemis complotent plus que jamais contre lui. La Guilde, le Bene Gesserit et le Bene Tleilax se sont alliés dans l’espoir de le faire enfin tomber ou, mieux, de le contrôler. De nombreux traitres gravitent autour de lui. Et, malgré sa préscience, il peut parfois être difficile de savoir à qui se fier, particulièrement lorsque ce sont les gens qu’il aime qui seront la cible de ces attaques et les instruments de sa chute. L’épice est, toujours, au cœur de toutes les convoitises. Paul a réussi à induire dans l’écosystème d’Arrakis les changements qu’il prévoyait. Mais, même parmi ses fremens, certains regrettent les temps anciens.

 

Paul, malgré tous ses pouvoirs, n’entrevoit que des destins chaotiques. Son jihad n’a pas réussi à empêcher le « but terrible » et il prend la mesure de ce qu’il a accomplit, de bon comme de mauvais. Il s’interroge énormément sur le pouvoir et la responsabilité, et c’est un Empereur fatigué, désabusé et inquiet que nous retrouvons. Il se compare même à un certain Hitler.

 

Les personnages sont au cœur de ce volume. Paul bien sûr, mais aussi Chani, sa concubine, et surtout Alia, la sœur de Paul dont la naissance a été si particulière que ses pouvoirs en effraient plus d’un. Nous retrouvons également un personnage inattendu dont l’intervention est particulièrement intéressante. J’ai toutefois regretté l’absence de Dame Jessica, la mère de Paul et Alia.

 

Une très bonne suite donc, dont le seul point négatif est un certain manque d’émotions lors d’un évènement final majeur. Même si on y avait été préparé, je trouve étonnant ce détachement.

 

« Toutes ces étoiles qui brillaient au-dessus de lui… Un homme devait être à demi fou pour imaginer qu’il pouvait régner sur une seule larme de clarté dans ce volume insensé d’espace. Inimaginable… comme le nombre des sujets sur lesquels l’Empire prétendait exercer son pouvoir. Des sujets ? Adorateurs et ennemis, plutôt. Y en avait-il un seul parmi eux qui fût capable de voir plus loin que les rigides croyances ? Qui eût échappé au destin étroit de ses préjugés ? Pas même un Empereur ne le pouvait. Il avait vécu une vie de possession, tenté de créer un univers à son image. Mais cet univers exultant jetait maintenant sur lui ses vagues silencieuses. »

 

Roman publié aux éditions Pocket – Traduit par Michel Demuth 

 

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