Interférences / Yoss

Interférences / Yoss

Résumé : Deux voisins bien différents : un grand pays, un petit pays. L’un est démocratique et développé. L’autre est gouverné par un Dictateur affable…
Trois événements incongrus viennent bousculer les relations déjà tendues de ces deux voisins-ennemis : une curieuse interférence perturbant les émissions télévisées, un rayon étrange aux effets inattendus, et des cheminées s’élevant rageusement vers les cieux.

Avis : Il était une fois deux pays voisins et antagonistes. Le petit pays était dirigé par un affable dictateur (Guide Éclairé de son Peuple), et le grand, à l’inverse, était démocratique et développé. Chacun observait minutieusement l’autre, et le décriait à la première occasion. Cela vous évoque quelque chose ?

Sont réunies dans cet ouvrage trois nouvelles que Yoss a écrit de manière indépendante mais qu’il a ensuite retravaillé pour en unifier le style, leur donner un cadre et une évolution cohérente.

La première, Les interférences, nous raconte comment un bon citoyen du petit pays a, en utilisant la très répandue et efficace « méthode cinétique » sur son antenne, obtenu de voir l’avenir sur son poste de télévision. L’auteur imagine alors les conséquences qui en découlent pour le petit pays, puis pour le monde. Cette première nouvelle est drôle, fraiche et inventive.

Dans Les pièces, c’est surtout le grand pays qui est touché, mais le petit n’est pas épargné pour autant. Une mystérieuse épidémie transforme les gens en objets non identifiés. Encore une fois, Yoss s’amuse, dans une description acérée, à imaginer les réactions du monde à cet évènement.

Enfin, la dernière nouvelle, qui a en réalité été écrite en premier, illustre parfaitement la compétition que se livrent les deux pays, jusqu’à l’absurde. Ils se lancent tous deux dans la construction disproportionnée d’une cheminée. Celle du petit pays sera baptisée « Cheminée de la Dignité » et celle du grand « Cheminée de la Liberté ». Plus sarcastique que jamais, ce récit se termine dans un final inattendu.

Très loin de l’âpreté de Planète à louer, le ton est ici léger, plein d’humour et caustique. L’auteur n’hésite pas à flirter avec le burlesque et le grandiloquent pour mettre en lumière les défauts de ces deux pays que chacun aura reconnu. Cette « sf du présent », comme la nomme lui-même Yoss, est particulièrement réussie, originale et dépaysante.

En bonus, les lecteurs auront la bonne surprise de trouver, à la fin de l’ouvrage, une interview de l’auteur, très intéressante, qui permet de mieux le connaître, mais aussi de contextualiser sa démarche artistique, dans le cadre particulier de Cuba. Ils pourront également trouver ensuite deux nouvelles indépendantes.

Roman publié aux éditions Rivière Blanche – Traduit par Sylvie Miller 

5 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *