Silo / Hugh Howey

Silo / Hugh Howey

couverture de silo de hugh howey aux editions actes sud

Silo, Tome 1

Quatrième de couverture : Dans un futur postapocalyptique indéterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d’antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l’illusion. Pourtant, certains continuent d’espérer. Ces individus, dont l’optimisme pourrait s’avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.

Avis : Voilà un livre qui a fait couler beaucoup d’encre. Phénomène de l’autoédition, il inaugure la nouvelle collection fantastique des éditions Actes sud. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à cette lecture, même s’il est vrai que quelques ficelles auraient pu être améliorées, ou au moins se montrer plus subtiles.

Le roman peut être divisé en deux parties. Dans la première, nous suivons différentes histoires et différents personnages, tour à tour. Pourtant, tout est lié, et nous assistons à un savant passage de relais. J’ai beaucoup aimé cette mise en scène, et j’ai un peu regretté que l’auteur ne continue pas sur cette voie. Dans la seconde, c’est l’explosion, les conséquences des premiers évènements prennent corps. La machine commence à bouger et le système à se gripper.

Le monde présenté, sans être des plus originaux, est bien construit et vraiment intrigant. L’auteur arrive à nous faire sentir proche de ses personnages. On a envie d’en savoir plus sur la hiérarchie et le fonctionnement mis en place, et surtout sur les mystères du silo. Celui-ci est divisé en départements (corps de métiers), cloisonnant la vie et les relations. Les communications coûtent chers et le papier est un luxe. Les amours et les naissances sont contrôlés et tout est fait pour séparer les hommes.

Les personnages sont nombreux et convaincants, même s’il est dommage que seule une brochette se retrouve réellement développée. Juliette est une mécanicienne, promue nouveau shérif du silo. De part son premier métier, elle voit tout en termes de réparation et de prévention. C’est un personnage fort et déterminé. Elle fait ici figure de personnage principal. Je l’ai bien aimé, même si dans les premiers temps j’ai eu du mal avec le fait qu’elle soit plus intéressée par les raisons du suicide de Holston, son prédécesseur, que d’arrêter un assassin avéré.

L’auteur sait installer la tension et faire monter la pression. Il aurait d’ailleurs parfois pu aller plus loin dans certaines situations, qui se prêtaient particulièrement à l’établissant d’un vrai climat d’étouffement et de suspicion.

« – Ça y est, répéta-t-il, et il la sentait qui couvait, prête à éclater. Çayest çayest…
[…]
– Walk, dis-moi, quoi ? Qu’est-ce qui y est ? Qu’es-tu en train de dire ?
– C’est comme ça que ça commence, murmura-t-il, dans une salle redevenue silencieuse.
Il leva les yeux vers tous les visages, les passa en revue, et vit dans leur fureur, qui faisait voler les tabous en éclats, qu’il avait raison de s’inquiéter.
– L’insurrection. C’est comme ça qu’elle commence. »

Roman publié aux éditions Actes sud (Exofictions) – Traduit par Yoann Gentric et Laure Manceau

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