Le jeu, niveau 1 : oserez-vous entrer ? / Anders de la Motte

Le jeu, niveau 1 : oserez-vous entrer ? / Anders de la Motte

Le Jeu, Tome 1

Quatrième de couverture : Henrik Pettersson, dit HP, la trentaine, vit de petits larcins en marge de la société suédoise. Lorsqu’il trouve dans le métro un portable dernier cri, son premier réflexe est de le revendre. Mais l’appareil affiche obstinément un message : « Tu veux jouer ? » En cliquant sur « oui », Henrik ne se doute pas que ce « jeu » aux apparences innocentes va l’entrainer dans une escalade dont l’enjeu ultime pourrait être sa propre vie…
Rebecca Normén est l’exacte opposée de HP : sérieuse et rationnelle, elle a récemment été promue garde du corps. Tout irait pour le mieux dans sa vie si elle ne trouvait pas régulièrement des petits mots menaçants dans son casier. L’expéditeur en sait beaucoup trop long sur son passé. Mais que cherche-t-il ? A jouer avec elle ?
Les mondes de HP et Rebecca vont se rapprocher inexorablement. Mais si la réalité n’est qu’un jeu, qu’est ce qui est encore réel ?

Avis : Voilà un thriller tout à fait sympathique, qui confronte l’homme à son besoin de reconnaissance, et qui interroge sur le sentiment de réalité et d’appartenance à la société. Qu’est-on prêt à faire pour avoir l’un, particulièrement lorsque l’on se sent rejeté par l’autre ? Jusqu’où est-on prêt à aller ? À quel moment, la réalité s’efface-t-elle devant le jeu et vice-versa ?

La psychologie des personnages est ici très importante. HP et Rebecca, les deux héros, sont les deux faces d’une même pièce. Ils ont tous deux eu une enfance difficile, ils ont chacun eu leurs lots d’épreuves à affronter. Cependant ils n’y ont pas réagi du tout de la même manière. HP est devenu un « je-m’en-foutiste » en pleine révolte contre la société, et rares sont les personnes auxquelles il accorde du prix ou un intérêt. Avide de reconnaissance, grand adepte des jeux vidéos, il préfère cependant la gagner par ses « exploits », plutôt que par un travail acharné. Rebecca, semble être son exacte opposée. C’est une battante. Elle est résolue à affronter ses peurs et à les surmonter. Pour vaincre son angoisse, elle est devenue policière puis, pour pallier à son sentiment d’insécurité constant, garde du corps. C’est un personnage qui attire plus facilement la sympathie du lecteur, au contraire d’HP, trop ambivalent et dont la morale est assez extensible. Néanmoins, on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui et il se révèle donc plein de surprises.

La première partie, où les missions d’HP s’enchainent, le menant toujours plus loin dans les délits (du vol de parapluie au caillassage de voiture de police) peut paraitre un peu longuette par moments. Mais cela finit par mal tourner, et HP découvre alors que le « jeu » est en fait une organisation gigantesque, aux ramifications insoupçonnées, et qu’il est loin d’être aussi simple qu’il n’y parait. À trop vouloir découvrir la vérité, il va se retrouver dans une situation où il deviendra à son tour la proie.

Les chapitres alternent les points de vue des 2 héros. Et ce, de plus en plus rapidement au fil de l’histoire, ce qui permet ainsi de dynamiser le récit et de maintenir le suspense jusqu’au bout. De plus, de nombreuses références culturelles parsèment le récit. J’ai notamment beaucoup aimé les clins d’œil à Matrix. Lorsque la rencontre entre Rebecca et HP advient enfin, elle est source de révélations que, je dois l’avouer, je n’avais pas vu venir. Elle donne également une autre dimension au roman, qui est tout à fait intéressante. La fin est très inattendue et percutante. Elle peut d’ailleurs tout à fait clore, ici, l’aventure de HP et Rebecca. Mais je serai tout de même très curieuse de voir ce que nous réserve le niveau 2 !

À paraitre le 13 juin

Roman publié aux éditions Fleuve Noir – Traduit par Carine Bruy 

Merci aux éditions Fleuve Noir pour cette lecture

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