Confessions d’un automate mangeur d’opium / Fabrice Colin & Mathieu Gaborit

Confessions d’un automate mangeur d’opium / Fabrice Colin & Mathieu Gaborit

Quatrième de couverture : Paris, 1899… L’industrie, portée par la force de l’Éther, a révolutionné le monde. Le ciel bourdonne de machines volantes, les automates sont partout qui agissent au service des hommes, hommes qui communiquent entre eux par téléchromos d’un continent à un autre. Dans cette ville moderne où s’ouvre une éblouissante Exposition Universelle, une jeune comédienne, Margo, aidée de son frère psychiatre, enquête sur la mort mystérieuse de son ex-maîtresse et d’un singulier personnage créateur de robots…

Avis : Voilà un roman de steampunk plaisant à lire. Ce 19e siècle fantasmé, grandiloquent, prend place dans une intrigue rythmée, pleine de courses poursuites et de rebondissements. Le décor, faste, est très visuel.

Margo, comédienne, entraine son frère dans sa quête, pour découvrir la cause de la mort mystérieuse de sa meilleure amie. Théo est aliéniste et se passionne pour les effets de l’éther sur le cerveau humain. Cette nouvelle énergie a permis à l’humanité de faire un bond en avant extraordinaire, mais les conséquences sur l’homme en sont encore assez mal définies.

Aurélie, l’amie de Margo, serait tombée de son aérocar. Suicide ? Crime passionnel ? Margo veut en avoir le cœur net. Mais au fil de son enquête, le mystère s’épaissit peu à peu. Elle la conduit à la rencontre d’un créateur génial, mais fou, et d’automates pensants, pour se terminer dans les forêts embrumées d’Angkor.

Roman à deux voix, les chapitres alternent les 2 héros. C’est tour à tour que nous accompagnons Margo et son frère dans leurs péripéties, dans leurs pensées et cheminements vers la vérité. Cependant, bien qu’ils aient des personnalités opposées, on ne sent pas de réel changement de ton dans la narration, et il m’est arrivé de ne plus être sûre de la personne que j’étais entrain de suivre. Il y avait quelque chose de mécanique en eux. Ce qui a peut-être renforcé mon impression que les personnages eux-mêmes avaient l’air d’automates. C’est un point faible, et en même temps, cela s’intègre bien à l’histoire. D’autre part, si ces êtres marginaux et assez anticonformistes sont bien décris, je regrette leur presque totale absence de passé. Ils ne vivent que dans l’histoire en cours.

Enfin, je dois dire que quelques petites incohérences m’ont chagrinée. Des petites choses, comme le fait que l’héroïne ne prenne pas la peine d’assister à l’enterrement de celle qui est supposée être sa si chère et tendre amie. Mais surtout des points plus dérangeants dans la vraisemblance du récit : le gouvernement croit trop facilement à leur histoire, tout de même abracadabrantesque, et cela sans l’ombre d’un doute malgré l’absence de preuves concrètes ; le fait qu’on les mette ensuite en première ligne, alors qu’aucune de leurs compétences ne le justifie réellement, est assez peu crédible, même si ce sont eux qui ont découverts le « pot aux roses ».

Malgré cela, l’intrigue est entrainante et se laisse suivre sans déplaisir. De plus, le décor très réussi permet un dépaysement total. Un roman plaisant, donc, que je suis contente d’avoir lu, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Roman édité par Le serpent à plumes.

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