Ne m’échappe pas / Tahereh Mafi

Ne m’échappe pas / Tahereh Mafi

Insaisissable, Tome 2

Quatrième de couverture : Mon pouvoir est chaos
Je suis leur unique espoir
Ils me recherchent
Je leur échapperai
Ils veulent me posséder
Personne ne peut m’atteindre
Ils me croient faible
Je les briserai
Lui seul peut me sauver
L’aimer c’est le condamner

Avis : La curiosité est un vilain défaut, et j’en ai encore une fois été la victime. Ne me touche pas, le premier tome de cette trilogie dystopique, m’avait laissé un goût de… « pas pour moi ». Pourtant, lorsque Jean-Noël, le traducteur de la série, m’a gentiment proposé de lire la suite, je n’ai pas pu résister.

Dans ce 2e tome, nous retrouvons tout de suite la patte particulière de l’auteur. Les effets de style et les formules allégoriques sont légions. En revanche, les phrases barrées sont beaucoup moins nombreuses. Pourtant, bien que Juliette ait intégré le Point Oméga et qu’elle s’insère enfin dans un dessein plus large, ses sentiments et son positionnement («gentille/méchante») restent au cœur de ses préoccupations. Ainsi que ses histoires d’amour. Oui, « ses » !

Car le personnage de Warner vient faire un retour fracassant dans la vie de Juliette. Si dans un premier temps la relation d’Adam et Juliette se complexifie, et j’ai apprécié qu’au moins un des
deux fasse preuve de maturité (lui), la réapparition de Warner vient rapidement compliquer la donne. Un triangle amoureux prend alors forme. Et je sais bien que les ados ont les hormones en ébullition, mais ça va bien 5 minutes la description des papillons dans le ventre, de la peau en feu, etc, etc. Ici, il y en a des pages et des pages.

Le personnage de Juliette prend donc encore une fois toute la place. L’auteur essaie bien de développer un peu son monde, de lui donner plus de consistance et fait même quelques révélations mineures. Malheureusement, cela reste trop léger pour moi. Le contexte est si peu étoffé qu’on se demande à quoi rime cette guerre entre le Point Oméga et le Rétablissement. J’avais l’impression de regarder des playmobils jouer à la guerre. De plus, cela m’a vraiment trop fait penser aux X-men !

Hélas, j’ai toujours aussi peu de sympathie pour l’héroïne. Son immaturité et son auto-apitoiement sont assez agaçant. Elle n’arrête pas de se plaindre que tout le monde la déteste, mais elle ne fait aucun effort pour qu’on l’aime. C’est sûr que ce qu’elle doit vivre n’est pas évident, mais elle ne fait rien pour remédier à la situation non plus. En outre, elle fait parfois preuve d’un égoïsme assez dérangeant. Entre ses doutes et ses sentiments plus que confus, je me suis plusieurs fois demandée si je n’allais pas me noyer dans tout ce mélodrame.

Le gros point positif du livre, a été le personnage de Kenji. Il est drôle et ne se prend pas au sérieux. Ses réparties ont représentées une bouffée d’air frais. Le moment où il lance ses 4 vérités à Juliette a, d’ailleurs, été mon passage préféré. Je dois également reconnaitre que certains des reproches que j’avais fait au 1er tome trouvent ici une explication.

C’est terrible, mais malgré ces critiques, j’avoue que le retournement de situation qui semble se dessiner à la fin me rend tout de même curieuse de connaître la suite !

Roman traduit par Jean-Noël Chatain – Édité par Michel Lafon

Le 3e et dernier tome s’intitulera Ne m’abandonne pas.

Je remercie Jean-Noël Chatain pour cette lecture

2 comments

  • Kenji est sans doute mon préféré pour son côté réaliste, drôle, ironique et parce que c'est un gamin qui revient de loin ; il n'hésite pas à pratiquer l'auto-dérision et à jouer le rôle de meneur.

    Je suis en train de traduire DESTROY ME, la novella écrite du point de vue de Warner.
    Je n'ai pas encore de date de parution, mais ce court récit sortira de toute manière avant le tome 3.

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