Rien n’est trop beau / Rona Jaffe

Rien n’est trop beau / Rona Jaffe

Quatrième de couverture : New York, début des années 1950. Elles sont jeunes et Manhattan leur tend les bras…
Lorsqu’il fut publié, en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l’engouement de millions de lectrices américaines. Elles s’identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d’horizons différents employées dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes. Il y a la brillante Caroline, dont l’ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnès, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson.
Si la ville semble leur offrir d’infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d’hommes.

Avis : Peinture sociale aussi bien que roman sur la solitude, Rona Jaffe écrit sur ce qu’elle connait et elle le fait bien. Tout juste sortie de l’université, elle fut elle-même employée d’une maison d’édition au début des années 50. Elle parle donc de ce qu’elle a vécu, vu et ressenti. C’est un récit écrit pour les femmes par une femme. L’auteur chronique avec finesse et lucidité ce New York des fifties, réceptacle de l’effervescence et des ambitions d’une génération de jeunes femmes cherchant leur place.

Dans un style chorale, Rien n’est trop beau nous présente cinq beaux portraits de femmes. De caractères et de parcours différents, elles ont chacune leurs blessures et leurs espoirs, mais elles se retrouvent dans le désir commun de trouver quelqu’un à aimer et qui les aiment en retour. Qu’elles soient naïves ou fortes, ambitieuses ou fragiles, elles sont toutes attachantes à leur manière. Et il est très facile de s’identifier à l’une d’entre elle.

De manière simple mais écrit sur un ton juste, l’auteur nous conte les évènements qui ont marqués les débuts de leur vie de femmes. Elle sait parfaitement trouver les mots pour décrire l’espoir, l’attente et l’engouement d’une nouvelle relation, tout aussi bien que la déception et la douleur qu’engendre l’échec. Subtilement, l’auteur aborde les différences homme-femme et l’incompréhension qui les sépare. Un seul chapitre, le dernier, est vu par un homme. Il est très peu glorieux pour la gent masculine. S’ils sont loin d’avoir les plus beaux rôles dans ce roman, notre aveuglement fait néanmoins pendant à leur lâcheté.

Ce livre est également la description d’une société en pleine mutation. Les femmes commencent à vouloir faire carrière, les mœurs se libéralisent, même si le poids du regard d’autrui pèse sur leur volonté de changement. C’est une autre époque, un autres temps, avec d’autres mœurs, et une retenue qui n’est plus de mise aujourd’hui. Pourtant, que de points communs à travers ces destins de femmes, qui en font un roman intemporel.

« Rien n’est trop beau pour vous :
Une belle situation, dans une ambiance agréable, un salaire élevé, des relations intéressantes : tout cela est à votre portée… » Extrait d’une petite annonce du New York Times.

Traduit par Jean Rosenthal – Édité par Presses de la Cité

LC avec : Natojuju, Iluze, Stéphanie-Plaisir-de-Lire

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