La trilogie de Wielstadt / Pierre Pevel

La trilogie de Wielstadt / Pierre Pevel

couverture de La trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel

Quatrième de couverture : Hiver 1620 : après s’être acquitté d’une délicate mission pour l’Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, une cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon. Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville.

Avis : À un univers médiéval teinté de magie, classique en fantasy, l’auteur a incorporé une part historique importante avec un contexte original et fouillé. L’histoire se passe en effet dans le Saint Empire romain germanique, au début de ce que l’on n’appelait pas encore la guerre de 30 ans. Ajouté à cela, Pierre Pevel a décidé de rehausser encore son monde, grâce à une touche d’uchronie, en faisant par exemple renaître les Templiers de leurs cendres.

Nous sont donc présentés ici, trois tomes avec dans chacun des mystères à résoudre et une enquête à mener. Le héros doit d’abord faire face à des goules, puis se lancer sur la trace d’une obscure prophétie et enfin, traquer un tueur en série. Tout cela, en essayant de déjouer les plans des sociétés secrètes qui ont pignon sur rue à Wielstadt (la sainte Vehme et les Rose-Croix), et en traitant avec le Roi Misère et sa cour des Miracles. Chaque intrigue est très bien construite et s’appuie sur la connaissance approfondie que l’auteur a de son monde et de l’histoire du 17e siècle.

Le Chevalier Kantz, le héros, est un genre d’exorciste. Très pieux, bretteur hors-pair, il s’est donné pour mission de combattre « le Mal et ses suppôts », et se montre impitoyable dans cette lutte. C’est un homme jaloux de ses secrets, assez froid, auquel il est difficile de s’attacher. Très mystérieux, il est regrettable que nous n’en sachions plus sur lui qu’en atteignant le dernier volume. D’où viennent ses pouvoirs ? Et quels sont-ils exactement ? Une épée enchantée, un pentacle gravé sur la main, mais encore ? Car notre bon chevalier semble invincible ou presque. Il peut affronter une dizaine d’hommes en armes à lui tout seul sans aucune égratignure et il a presque aussi peu de mal avec les hordes de l’enfer. Il en devient agaçant dans son inébranlable confiance en lui, surtout que les faits lui donnent toujours raison. De rares indices sont distillés ça et là avant la révélation qui, il faut le reconnaitre, est vraiment étonnante et bien trouvée. Néanmoins, la dernière page tournée, on est loin de tout connaitre sur notre hermétique chevalier.

Les autres personnages de cette trilogie sont sympathiques et bien dessinés, mais assez peu développés. Certains sont même aussi mystérieux que notre héros, comme la Dame en Rouge qui semble, avec l’aide du dragon, veiller sur Wielstadt. J’ai cependant particulièrement apprécié celui de Chandelle, la fée-demoiselle. C’est un petit être muet mais qui sait parfaitement se faire comprendre malgré tout et cela la rend très drôle. Elle apporte une touche d’humour indispensable à un univers par ailleurs sombre et gothique.

Toutefois, grâce à son écriture rythmée, parfois musicale, Pierre Pevel n’a aucun mal à faire tomber son lecteur dans ses filets. Les chapitres courts au langage soutenu, associé à une érudition qu’on ne peut que saluer achèveront de convaincre un lecteur qui ressortira de ce roman bien plus savant qu’en y entrant.

Édité aux éditions Pocket. 

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