Esclaves de So’Rah / Jean Avril

Esclaves de So’Rah / Jean Avril

Orianor, Tome 2 

Quatrième de couverture : Uriss et Kaïn commencent leur vie d’esclave en accomplissant la tâche la plus immonde qui soit : repêcher les rakhanes qui naissent des eaux visqueuses de So’Rah, la Mer Noire. L’influence pernicieuse de So’Ghol se fait bientôt sentir, alors que les griffes de l’oubli attaquent sans relâche la mémoire des deux hommes. Uriss doit lutter en s’accrochant à ses souvenirs… Parmi ceux-ci, l’on retrouve sa rencontre avec Méliore, ainsi qu’un événement qui a tout changé : la bataille pour la cinquième muraille de Rihel.
Kahel, Blanc et Akar poursuivent leur chemin vers Céless. Ce sera l’occasion pour l’enfant d’en apprendre davantage sur l’histoire d’Orianor, en particulier sur une légende fabuleuse, celle des deux trônes d’édama.
Jad, Iridia et Raygone, quant à eux, réaliseront que le chemin vers l’Endriel est loin d’être aussi facile qu’ils l’auraient souhaité… Que faire lorsque l’on croise un bataillon de l’armée nammoréenne sur son chemin ?

Je remercie Jean Avril pour cette lecture.

 Avis : La cité aux sept murailles, le premier tome, m’avait laissé un goût d’inachevé. Je lui reprochais de manquer d’explications sur l’univers que l’auteur avait créé. Jean Avril comble, ici, cet oubli. Ce deuxième tome m’a donc davantage conquise, et surtout grâce à sa 2e partie.

Nous retrouvons les personnages là où nous les avions laissés. Pour leur plus grand déplaisir, Uriss et Kaîn sont toujours enchaînés. Ils œuvrent tous deux en tant qu’esclaves au fin fond de So’Ghol. L’oubli les guette. Le travail répétitif et ingrat qu’ils font chaque jour contribue à élimer leur volonté, leur mémoire, jusqu’à effacer leur identité. Pour ne pas sombrer, Uriss essaie par-dessus tout de se souvenir de moments heureux, tels que sa rencontre avec Mélior et les prémices de leur amour ; mais aussi d’événements importants, comme la guerre et la résistance du royaume de Rihel face à l’attaque de l’ennemi. Il se remémore également son père, son frère, ce qu’était la liberté… Tout ce qui lui permet de ne pas penser à la dure tâche qu’il doit accomplir, sans savoir si c’est le jour ou la nuit et depuis combien de temps il est là. Grâce aux réminiscences d’Uriss, on découvre la résistance contre les rakhanes, la vie à Rihel avant que la ville ne tombe entre les mains de l’ennemi, la puissance des chevaliers d’ivataris. Un bond dans le passé qui se révèle très intéressant.

Par le biais des personnages de Kahel, Blanc et Akar, l’auteur nous conte l’histoire d’Orianor, l’origine des chevaliers d’ivataris, et de la guerre en nous expliquant une des légendes qui composent son univers. Jean Avril nous permet ainsi d’y voir plus clair, d’approfondir et de donner plus de consistance à son récit. J’ai beaucoup aimé la mise en place de ces éclaircissements qui sont très pertinents, mais en contrepartie l’histoire n’avance pas. D’ailleurs, les passages concernant les trois chevaliers d’ivataris (Jad, Iridia et Raygone), qui se passent au présent, sont sans grand intérêt et n’apportent, pour l’instant, rien à l’intrigue. J’espère que l’auteur, les fera rentrer un peu plus dans le vif du sujet, de même que pour les autres personnages de cette série. Car avec le ton lent et peu rythmé du récit, certaines pages du livre, surtout dans la première partie du roman, tendent vers l’ennui.

Heureusement, les souvenirs d’Uriss portant sur la bataille pour la 5e muraille de Rihel, présents dans la 2e moitié de l’œuvre, dynamisent le tout, donnent plus de tension. Même si le dénouement est prévisible puisque ces événements ont lieux dans le passé, Jean Avril réussit parfaitement à susciter notre intérêt, car cette bataille m’a happée jusqu’à la dernière page.

L’ensemble est fluide et bien écrit, même si à deux ou trois reprises, j’ai été dérangée par un style d’écriture plus enfantin, plus naïf et fleur bleue. Ce défaut reste très minime, mais à la lecture, j’ai trouvé que cela tranchait fortement avec le reste du roman. Sentiment que je n’avais d’ailleurs pas eu lors de ma lecture du premier volume.

Ce deuxième tome, grâce à sa deuxième partie plus prenante et incisive, m’a donné envie de poursuivre la lecture de cette série et de connaître le devenir de nos héros, et de savoir si oui ou non, l’ennemi finira par être renversé. J’espère juste que l’auteur ne fera pas trop trainer en longueur son histoire et donnera plus de peps à son récit.

Roman édité par les éditions CIMA.

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