Une place à prendre / J.K. Rowling

Une place à prendre / J.K. Rowling

couverture de Une place à prendre de J.K Rowling

Quatrième de couverture : Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre…

Merci à Priceminister pour cette découverte

Avis : Comme tout le monde (ou presque), j’ai lu et adoré les Harry Potter. J’étais donc vraiment curieuse de découvrir le nouveau roman de l’auteur. Le fait qu’elle se lance dans un registre complètement différent ne me dérangeait pas du tout, au contraire. Je n’ai malheureusement pas du tout adhéré à ce nouveau style. Cela ne tient pas du tout aux qualités d’écriture de l’auteur, mais bien à l’histoire elle-même que j’ai trouvé trop misérabiliste et déprimante à mon goût.L’enjeu de cette histoire, outre de savoir qui occupera le siège de Barry Fairbrother au conseil paroissial est, pour les habitants de Pagford, de conserver ou non dans l’escarcelle communale la cité des Champs : logements sociaux dont les enfants – suprême infamie ! – ont le droit d’aller à l’école avec les bons petits pagfordiens, clinique de désintoxication subventionnée par les fonds locaux – quel gaspillage ! La disparition soudaine de Barry, le conseiller qui, de fait, laisse son siège vacant, met la ville en ébullition. Les habitants se laissent emporter par une excitation assez malsaine. Les 80 premières pages sont un éventail de « Tu connais la nouvelle ? ». Et de lancer la bataille pour promouvoir un nouveau conseiller qui saura, le mieux, faire passer leurs idées.

Les protagonistes que nous présentent J. K. Rowling, ici, sont peu sympathiques : mesquins, égoïstes, fats et malveillants pour la plupart. Et même si, effectivement, tous ne possèdent pas ces travers, ceux que l’on pourrait qualifier de « gentil » sont de toute façon tellement malheureux, incompris, seuls et centrés sur leurs tourments personnels que cela n’apporte aucun contre-pied à cette noirceur. Le seul personnage qui semblait authentiquement gentil et agréable, c’est celui qui est mort !

Alors il est vrai que c’est très bien écrit. Le langage est soutenu (bien que les dialogues soient parfois crus et même vulgaires), les personnages sont fouillés et réalistes, et l’histoire est bien construite. Je n’ai rien à redire de ce coté-là et « il faut rendre à César ce qui est à César » comme dit la maxime. Mais qu’est-ce que c’est déprimant ! Tant de détresse, c’est trop. Ce roman suinte le malheur. Il n’y a aucune lumière qui règne sur ce livre et cela le rend assez étouffant. J.K. Rowling a expliqué lors d’une interview qu’elle avait voulu écrire un roman sur la responsabilité et, de ce point de vue là, c’est également réussi. Que ce soit la responsabilité personnelle ou celle qu’on a envers autrui. Pour cette dernière, c’est même flagrant et assez incisif au regard de la fin. Mais je ne peux m’empêcher de me demander si elle avait réellement besoin de le rendre aussi sombre ? Car, effectivement c’est un roman pour adultes : injures, maltraitance, violences familiales, viol… font de cette œuvre un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Sur les 100 dernières pages, toutes les méchancetés et les mensonges des protagonistes commencent à leur revenir comme un boomerang, et c’est assez cathartique… pour le lecteur ! Jusqu’à la fin, horrible, tragique, qui met un point d’exclamation final à un roman que, vraiment, j’ai détesté !

10/20

Roman traduit par Pierre Demarty – Édité par Grasset 

LC avec : Cledesol, Eimelle, Alexia 77, Lou lit la, Licorne, Sayyadina, Jostein, Julieblack, Audel, Lebbmony, Lenacoli

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