La ronde des mensonges / Elizabeth George

La ronde des mensonges / Elizabeth George

couverture de La ronde des mensonges de Elizabeth George

Quatrième de couverture : Un jeune homme est retrouvé noyé dans le hangar à bateaux d’un château du Lake District. S’agirait-il d’une mort accidentelle ? L’oncle de la victime, le richissime industriel Bernard Fairclough, demande que Lynley enquête dans la plus grande discrétion sur ce drame. Les suspects sont nombreux : l’héritier, ex-drogué repenti, ses sœurs, sa femme, ravissante Argentine dont il est passionnément épris, ainsi que la galerie de personnages hauts en couleur qui les entourent… et qui ont tous un secret à cacher.

Avis : Elizabeth George est un auteur que j’aime beaucoup. Ses personnages récurrents sont attachants et leurs enquêtes sont toujours bien ficelées. Je suis cependant assez déçue par ce nouveau roman. Bien que cette histoire soit toujours aussi élaborée que les précédentes, je l’ai malheureusement trouvé bien moins passionnante et intrigante.

Devant mener cette nouvelle enquête incognito, l’inspecteur Lynley fait appel à Deborah et Simon Saint-James, ses amis de toujours, pour l’aider. Il aura également besoin du soutien informationnel, à Londres, du sergent Barbara Havers. Et celle-ci aura fort à faire entre ses recherches pour Lynley et les exigences de relooking de la commissaire intérimaire Ardery. Nous retrouvons donc la fine équipe au complet. Si c’était un plaisir de les retrouver, j’ai tout de même eu du mal avec certains d’entre eux. Notamment avec Lynley et la liaison qu’il entretient avec Ardery. Point qui avait déjà desservi le précédent roman de l’auteur. J’ai en effet beaucoup de mal à comprendre cette relation et elle m’exaspère au plus haut point. Colérique, autoritaire et versatile, Ardery est un personnage que je n’aime pas du tout. Mais c’est surtout Deborah qui m’a beaucoup agacée ici. D’une part, j’ai l’impression de tourner en rond autour de ses problèmes de conception, sujet qui revient systématiquement depuis plusieurs tomes. C’est en effet très triste, mais à la longue cela devient lassant. De plus, obnubilée par ses problèmes personnels, elle rapporte tout à elle et fait un transfert des plus mal venus et qui aura des conséquences dramatiques. Les meilleurs passages étaient sans conteste ceux avec Barbara, toujours aussi drôle et sarcastique. Ils étaient aussi, malheureusement, les moins nombreux.

L’intrigue est déstabilisante car il n’y a aucunes preuves qu’il y ait eu meurtre. Seul le nombre impressionnant de suspects tend à le laisser à penser. Tout le monde semble en effet avoir eu un mobile pour passer à l’acte : jalousie, pouvoir, rancœur, argent. Tout le long, on se demande alors s’il s’agit réellement d’un crime. Les personnages sont, comme toujours, parfaitement campés, fouillés et crédibles. Que ce soit le fils de la victime, en pleine crise après les changements brutaux qu’a subi sa vie dernièrement ou la jeune épouse argentine, terrifiée à l’idée que ses secrets remontent à la surface lors de cette enquête ; ou encore le (très mauvais) journaliste de tabloïd, bien décidé à décrocher un scoop à son journal alors qu’il ne rêve que d’écrire des poèmes.

Ce roman, vaut surtout pour les changements apportés à la vie des héros et, pour cela, et particulièrement pour le dernier rebondissement final, je ne manquerai pas de lire le prochain ouvrage de l’auteur. Cependant, il a manqué cette étincelle à l’intrigue pour réellement m’emporter.

Roman traduit par Isabelle Chapman – Édité par Presses de la Cité 

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