Des hommes sans loi / Matt Bondurant

Des hommes sans loi / Matt Bondurant

Des hommes sans loi de Matt Bondurant

Quatrième de couverture : Comté de Franklin (Virginie), début des années 1930, Forrest, Howard et Jack Bondurant sont blessés par balle par les adjoints du shérif alors qu’ils tentent de forcer un barrage. Les trois frères, bootleggers notoires, n’ont des lors qu’un but : se venger de ces hommes pas aussi respectables que le laissait supposer le port de leur étoile…

Je remercie les éditions Archipel pour cette lecture

Avis : J’étais curieuse de découvrir ce roman, après avoir vu son adaptation cinématographique. Ayant adoré le film, j’avais très envie d’aller plus loin et de mieux connaître ces personnages qui m’avaient tant marqué. Le livre est, comme bien souvent, très différent. À commencer par la chronologie et même, parfois, les évènements eux-mêmes. Si je l’ai trouvé intéressant, je dois reconnaître qu’il était moins prenant que le film. Je suis même peut-être un peu déçue. Ceci dit, cela rehausse encore l’attrait du film, qui est vraiment une excellente transposition de cette histoire, et qui a su mettre en valeur des héros hors du commun.

Entre fiction et éléments réels (les héros sont les ascendants de l’auteur), Des hommes sans loi, paru originellement sous le titre « Pour quelques gouttes d’alcool », fait la chronique d’une époque et d’une manière de vivre. Pour raconter son histoire, Matt Bondurant se sert d’un autre personnage ayant réellement existé : Sherwood Anderson, romancier de l’époque. Ce dernier vient dans le comté de Franklin afin d’écrire un article sur une célèbre bootlegger ayant défrayé la chronique : Willie Carter Sharpe. C’est en « enquêtant » sur elle, qu’il entend parler pour la première fois des frères Bondurant. J’ai eu assez de mal avec cette partie, à laquelle j’ai trouvé peu d’intérêt. Je pense malheureusement que le personnage de Sherwood Anderson n’apporte rien au livre. Il m’a paru assez apathique, se laissant mener par les évènements, plutôt que de conduire une véritable enquête. Il aurait mieux valu se concentrer directement sur la famille Bondurant.

Par ailleurs, j’ai eu parfois du mal à suivre le récit. L’auteur nous fait naviguer entre plusieurs années : 1929 et 1930 avec les Bondurant, puis 1934 et 1935 avec le journaliste Sherwood Anderson. Le passage de l’une à l’autre période était plutôt clair, les personnages que l’on y retrouve étant différents. Ceux centrés sur les Bondurant, cependant, connaissent leurs propres retours en arrière. Ces évocations de souvenirs n’ayant pas de repères clairement définis dans le texte, j’ai parfois trouvé cela assez décousu. D’autre part, cette valse d’époque rend le rythme assez inégal. Mais peut-être est-ce parce que, comme je l’ai dis, je n’ai pas été convaincue de l’intérêt du personnage de Sherwood Anderson.

Néanmoins, j’ai eu plaisir à retrouver les personnages, que j’ai jugé égaux à ceux que j’avais connu dans le film. Jack toujours pétri d’ambition et se laissant avoir par les signes extérieurs de réussite. Il pense que cela lui amènera cette reconnaissance à laquelle il aspire tant. Howard, toujours aussi torturé, mais étant cette fois chargé de famille. Et enfin, Forrest le taciturne. L’auteur reconnait lui-même avoir brodé pour étoffer l’histoire familiale, très secrète. C’est Jack, son grand père, qui mène la danse. C’est celui que nous suivons le plus près, certainement parce que c’est celui dont il a été le plus proche. Je regrette néanmoins que l’on n’aborde pas mieux les autres frères. Notamment Forrest, qui reste une énigme.

Des hommes sans loi permet de faire une entrée intéressante dans l’époque âpre et violente de la prohibition. C’est un monde sans concessions, où l’on règle ses problèmes à coups de poings ou de fusils. Et je ne peux que saluer la reconstitution historique, très réussie, qu’a effectué l’auteur : les voitures, la vie à la ferme, la récession… j’étais complètement dépaysée !

 « C’est nous qui contrôlons la peur des autres, tu comprends ? Sans cette peur, nous sommes des hommes morts. » 

Roman traduit par Pierre Brévignon – Édité par Archipoche 

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