Boneshaker / Cherie Priest

Boneshaker / Cherie Priest

couverture de Boneshaker de Cherie PriestLe siècle mécanique, Tome 1

Quatrième de couverture : Nous sommes en 1880. La Guerre Civile américaine fait rage depuis deux décennies, poussant les avancées technologiques dans d’étranges et terribles directions. Des dirigeables de combat sillonnent le ciel et des véhicules blindés rampent dans les tranchées. Les scientifiques détournent les lois de la nature et échangent leur âme contre des armes surnaturelles alimentées par le feu, la vapeur et le sang. Bienvenue dans le Siècle Mécanique, un siècle sombre et terrifiant.

Avis : En 1863, au moment de la ruée vers l’or, l’URSS organise un grand concours pour trouver celui qui sera capable d’inventer une machine de forage suffisamment puissante pour creuser les glaces arctiques. Leviticus Blue, scientifique de génie crée alors le Boneshaker. En plein centre de Seattle, le premier essai de la machine tourne à la catastrophe : des rues entières s’effondrent et le Boneshaker perce une poche de gaz meurtrier qui transforme les gens en zombie. Accident ou préméditation, nul ne le sait. Dix-sept ans plus tard, le cœur de Seattle est condamné, entouré de hauts murs pour contenir le gaz et Briar Wilkes, la veuve de Blue, vit dans les Faubourgs avec son fils Zeke. Honnis par la société en raison de leurs liens familiaux, ils mènent une vie difficile jusqu’au jour où Zeke, déterminé à prouver l’innocence de son père, s’enfuit pour retourner dans la ville…

Boneshaker est ma première incursion dans le steampunk, et c’est une entrée plutôt réussie. Pourtant, ce n’était pas gagné ! La première partie du roman m’a paru longue et j’ai mis du temps à rentrer réellement dans l’histoire. Le récit se partage entre la quête de Zeke et celle de sa mère pour le retrouver. On suit donc les 2 personnages tour à tour et mes difficultés viennent, je pense, des passages concernant l’adolescent. Ils sont beaucoup plus nombreux en début de roman, et sont également moins intéressants que ceux où l’on suit sa mère. Cette dernière est un personnage que j’ai particulièrement apprécié, et c’est lorsqu’elle pénètre à son tour dans la ville que le roman commence à devenir vraiment prenant.

Dans la bulle qu’est désormais Seattle, cohabitent tant bien que mal 2 populations : les Pourris (les zombis) et les Oubliés. Parmi ceux-là, Zeke et Briar vont y croiser aussi bien des alliés que des ennemis. Mais le véritable danger, avant même les Pourris, qui sont relativement peu présents pour un livre de zombis, c’est le Fléau, ce gaz mortel qui imprègne l’air. Les gens sont alors confinés dans de rares lieux où l’atmosphère est respirable et, pour se déplacer ils doivent emprunter tout un réseau de souterrains. Ils ne peuvent sortir à la surface sans porter d’inconfortables masques à gaz et prendre le risque de tomber sur une bande de Pourris affamés. L’auteur a parfaitement réussi à nous faire ressentir l’atmosphère oppressante du récit, ainsi que l’enfermement, le malaise et la tension qui règnent sur la ville.

Cherie Priest a également très bien retranscrit le fossé qui peut se creuser à l’adolescence entre parents et enfants ; le désir de ces derniers de s’émanciper et de connaître le monde ; et la volonté du jeune Zeke à comprendre sa propre histoire et celle de ses parents, et de prouver l’innocence de ce père qu’il n’a jamais connu, mais que tout le monde hait. L’auteur décrit très bien ses protagonistes et sait, en quelques mots, les rendre vivants. J’ai particulièrement été émue par cette mère qui, malgré sa peur, va tout risquer pour sauver son fils. L’auteur nous présente également une galerie de personnages hauts en couleur que les 2 héros rencontreront dans leur quête, avec en tête, une tenancière de bar au bras mécanique, un guide à l’armure étincelante et un terrifiant docteur. Tout un pan de l’intrigue repose d’ailleurs sur ce dernier, un homme omniprésent, mais qu’on ne voit jamais. Et Cherie Priest a très bien su en jouer, car la force du Dr Minnericht tient au mystère qui l’entoure.

C’est une histoire toute simple que nous présente Cherie Priest. Il n’y a pas de grands enjeux ou d’intrigue compliquée. Pourtant, passé les premières longueurs, on se laisse emporter par le récit. Les héros atypiques et cette atmosphère confinée font toute la force du roman. Et bien que le tome 2 se concentre sur de nouveaux personnages, je le lirai avec plaisir.

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Roman traduit par Agnès Bousteau – Édité par Eclipse

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