Le tueur / Martina Cole

Le tueur / Martina Cole

Quatrième de couverture : La terreur règne à Grantley, banlieue est de Londres : un tueur, surnommé l’Éventreur, assassine et viole en toute impunité. L’inspecteur Kate Burrows n’a rien, strictement rien, pour avancer, et son enquête piétine. Kate a voué sa vie à l’ordre et à la justice. Pourtant, quand elle rencontre Patrick Kelly, le père d’une des victimes et l’un des parrains les plus craints de Londres, elle franchit la ligne : l’attirance, entre eux, est irrésistible…

Avis : Martina Cole nous raconte dans ce roman, une histoire brute, qui ne nous épargne rien de la violence et de la haine. Avant d’être une enquête policière, Le tueur est surtout le portrait d’un homme, et du parcours qui le mènera à devenir l’assassin de 7 personnes. Sous nos yeux horrifiés, se déroule sa vie, du petit garçon effrayé, qui n’avait personne pour le protéger, au tueur sadique.

George Markham est, de premier abord, un homme sans histoire, timide, discret, marié depuis 20 ans à une femme revêche et acariâtre. Plutôt terne, dirons ses collègues, tandis que certaines femmes ressentiront un indéfinissable sentiment de malaise en sa présence. En réalité, c’est un homme rongé par une haine viscérale et, qui se laisse peu à peu déborder par ses pulsions. Le roman démarre peu de temps avant qu’il ne bascule complètement. Mais nous devinons déjà les prémices de sa folie et de la haine qui le ronge de l’intérieur. L’auteur nous dévoile petit à petit tous les éléments déclencheurs qui l’ont fait basculer : les abus subis dans son enfance, la découverte du bondage puis des snuff-movies…. Appuyées par un langage cru, les premières pages sont étouffantes de son animosité envers les femmes. Je n’ai ressenti aucune empathie envers cet homme, malgré toutes les souffrances qu’il a subi étant enfant. Ce qu’il a vécu est triste et horrible, sans aucun doute, mais cela n’excuse pas le monstre qu’il est devenu. Il aurait pu décider de prendre le contre-pied et devenir quelqu’un de meilleur, de transformer ce qu’il avait vécu en quelque chose de positif. Au lieu de cela, il s’est laissé dévorer par la haine et s’est engouffré avec allégresse dans le schéma que sa mère avait dessiné pour lui.

La police de Grantley, avec à sa tête l’inspecteur Kate Burrows, va tout faire pour tenter de l’arrêter. De même que Patrick Kelly, le père de l’une des victimes, bien décidé à le retrouver et à l’empêcher de nuire… définitivement. Riche homme d’affaires, ses domaines vont de la récupération de saisies aux salons de « massage ». Connu comme le loup blanc, aussi bien par la police que par le citoyen lambda, il ne manque ni d’hommes de mains ni de connaissances dans les différents milieux criminels. Malgré ses « occupations », c’est un homme doté d’une certaine morale et on ne peut qu’être touché par sa détresse et par l’amour qu’il portait à sa fille. L’auteur se penche également beaucoup sur la vie sentimentale et familiale de Kate. C’est une femme droite et sensible. Mère célibataire d’une jeune fille de 16 ans, elle a consacré sa vie à son métier. Sa rencontre avec Patrick a tout du coup de foudre. Il va mettre à mal ses convictions et bouleverser ses croyances. Malheureusement, je n’ai pas trop apprécié cette romance. Elle m’a paru un brin too much.

Par contre, ce qui est particulièrement intéressant dans ce livre, c’est qu’on ne suit pas seulement l’affaire du point de vue de la police ou du tueur, mais de tous ceux qui y sont mêlés de prêt ou de loin. Ceux qui le connaissent, mais ne savent pas qui il est réellement, ceux qui auraient pu deviner, ceux qui parfois, ont eu un rôle, bien malgré eux, dans le sort d’une victime. C’est un véritable engrenage qui se déroule sous nos yeux. Martina Cole installe son jeu avec brio dans cette partie de dominos, dont les pièces tombent inexorablement. Malgré le sujet traité, l’écriture de l’auteur est fluide. Cela se lit vite et bien. L’auteur arrive même, parfaitement, à nous faire ressentir en 1989, à l’époque où se déroule l’action que ce soit par l’atmosphère dégagée ou l’emploi d’expressions langagières dépassées : « poupée, dacodak, je te bigophone… ». C’est assez kitsch, mais cela reste plaisant à lire !

Merci au Livre de poche pour cette lecture.

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