L’héritière de la Nuit  / Helen Lowe

L’héritière de la Nuit / Helen Lowe


Le mur de la Nuit, Tome 1

Quatrième de couverture : L’ombre de la guerre plane sur les Neuf Maisons.Le Mur de la Nuit est le seul rempart contre l’Essaim des ténèbres.
Depuis toute petite, Malian a été entraînée à régner. Héritière de la Maison de la Nuit, elle connaît l’histoire de son peuple : les héros légendaires, la guerre sans fin contre l’Essaim des ténèbres, les querelles intestines qui ont divisé la force originelle des Neuf Maisons. Et l’immense chaîne de montagnes qu’on appelle le Mur de la Nuit, dernier bastion entre le monde et l’Essaim des ténèbres.
Mais Malian ne connaît pas le véritable danger. Jusqu’à ce que l’Essaim des ténèbres lance une attaque. Au plus fort de la nuit, sa demeure du Château des Vents se transforme soudain en bain de sang…

Avis : Helen Lowe crée un univers vraiment intéressant et riche qu’elle installe tout en douceur. Si elle part d’un modèle classique en fantasy, avec une jeune adolescente qui se découvre des pouvoirs liés à une sombre prophétie, elle arrive à en faire une histoire vivante et originale. Elle a construit un monde fouillé avec ses lois et ses règles, ses différentes peuplades, divinités et systèmes de magies. Et si le Mur de la Nuit peut, au premier abord, dangereusement rappeler celui du Trône de fer, je vous rassure tout de suite, il n’en n’est rien. Les deux histoires partent dans des directions complètement différentes.

Les Deraïs sont un peuple très ancien, qui vit plus ou moins en autarcie depuis qu’ils sont arrivés sur Tairre. Ils se composent de neuf Maisons (Nuit, Sang, Étoiles, Mer…) divisées en castes et adorent neuf dieux. Les Deraïs se méfient des étrangers, ils ont leurs propres alliances et leurs propres ennemis. Et ils se livrent à des guerres intestines quand ils ne s’allient pas contre leur plus grand ennemi : l’Essaim des Ténèbres. Mais cela fait des siècles que l’Essaim n’avait plus fait parler de lui et la vigilance des neuf Maisons s’est relâchée. Il y a 500 ans, un schisme radical a eu lieu, entre les guerriers et les prêtres, les deux castes principales. Ils ont reniés leur magie et leur sagesse ancestrale, et leurs pouvoirs sont, petit à petit, tombés en désuétude. Les porteurs des anciens pouvoirs sont désormais exilés, dès l’apparition de ceux-ci.

Avec une telle toile de fond, il fallait des personnages au caractère fort pour l’étayer. Malian a 13 ans, et elle a tout pour devenir une femme exceptionnelle, mais qui, pour l’instant, se cherche encore, et hésite entre devoir et désir. Elle est l’héritière de la Nuit et c’est déjà une très grosse responsabilité. Mais, un plus lourd fardeau l’attend encore, car lors de la nuit sanglante où l’Essaim attaque Château des Vents, ses pouvoirs, jusque-là latents, se réveillent. Et cette même nuit, elle apprend qu’elle est l’héroïne d’une prophétie immémoriale. Elle est sensée unir son peuple et le mener vers la victoire contre l’Essaim. Car « si la Nuit tombe, tout tombe », littéralement. J’ai trouvé que les femmes étaient, ici, particulièrement mises à l’honneur et, j’ai été frappée par l’égalité sexuelle qui règne dans ce roman. De nombreuses femmes composent la garde et, le meilleur guerrier de la Nuit est une femme. Asantir est le chef de la garde, c’est une redoutable combattante, à l’intelligence acérée. Mais qui, je pense, cache encore bien des secrets, car c’est une personne également très réservée. Autour d’elles, encore de nombreux personnages auront leur rôle à jouer. Dont le jeune novice Kalan, qui est lié à Malian depuis la nuit de l’attaque et, qui devra l’accompagner dans son exil et son apprentissage.

On entre très vite dans l’action, les scènes de combats physiques comme magiques, se mêlent aux légendes et aux enjeux politiques. L’auteur crée un monde onirique des plus réussis et une intrigue prenante. À la fin du roman beaucoup de questions et de mystères sont encore à résoudre. À commencer, par une qui est primordiale pour les protagonistes : qui sont les traitres ? Car il y en a, à n’en pas douter. La seule incertitude tient à leur nombre et à leur position. Et c’est très troublant pour le lecteur, car on a peur de s’attacher au « mauvais » personnage. Malgré cela, on a forcément ses préférés ! Pendant ma lecture, j’étais à la limite de psalmodier : « Pas Asantir ! Pas Asantir ! ».

Ce premier tome démarre une saga au potentiel fort prometteur et je serais là pour voir la suite. Helen Lowe est assurément un auteur à suivre !

La saga comportera 4 tomes.

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