Les lieux infidèles / Tana French

Les lieux infidèles / Tana French

Quatrième de couverture : L’existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L’air était froid comme du verre, chargé d’un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d’amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas. Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d’infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n’a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l’appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ?

Avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, même s’il tient plus de l’investigation psychologique dans un quartier pauvre de Dublin, que du thriller haletant. L’intrigue est prenante et, on rentre tout de suite dans l’histoire.

La rencontre de Franck, le héros, avec Rosie et la disparition de cette dernière, l’ont profondément marqué et l’ont changé à jamais. Le roman est parsemé des souvenirs qu’il conserve d’elle. Bien qu’il ait cru qu’elle ait choisi de l’abandonner, il n’a jamais cessé de penser à elle, de la chercher et de l’attendre. Ce roman est rempli d’émotion et une chape de tristesse et de mélancolie recouvre le tout.

La découverte, 22 ans plus tard, de la cause de la disparition de Rosie, est presque un prétexte pour plonger dans cet univers torturé où le chômage, l’alcoolisme et la violence familiale semblent faire loi. À Faithful Place, l’espoir est une denrée rare, car les enfants reproduisent inlassablement le schéma parental. On se sent imprégné par cette Irlande du peuple à l’ambiance sombre parfaitement rendue. La famille est au centre de ce roman. La psychologie des personnages est très développée, ils sont très humains, ni tout noir ni tout blanc. Même le héros. Franck a fui les siens et, sincèrement on comprend pourquoi, même si ses choix peuvent paraître égoïste.

J’aurais aimé que le suspens dure plus longtemps, car on se doute rapidement du coupable ou du moins, de l’endroit où on le trouvera. Dès les ¾ du roman, on connait avec certitude le meurtrier. Mais cela reste un très bon roman, très bien écrit et, encore une fois, plein d’émotions.

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