Mort de peur / Charlaine Harris


La communauté du sud, Tome 11

Quatrième de couverture : Depuis que le Merlotte a brûlé, rien ne va plus dans les bayous ! Adieu la vie paisible à Bon Temps, Sandra Pelt est de retour et vient régler ses comptes. Les luttes d’influence s’immiscent au sein du clan des vampires depuis que Felipe, le roi, a placé Victor en qualité de régent juste au-dessus d’Eric. Toutes ces révélations vont fragiliser le beau duo que forment Sookie et Eric, et, une fois de plus, la pègre des suceurs de sang va faire de graves dégâts…

Avis de Zina : Les gens peuvent-ils changer ? C’est la question qui va hanter Sookie tout au long de ce tome. Ce qui est paradoxal, car elle a tendance à penser qu’ils ne le peuvent pas, mais en même temps, reconnait qu’elle-même a changé. Car en effet, on est bien loin de la gentille (et bonne catholique) Sookie des débuts. Elle n’a désormais qu’un mot d’ordre : survivre. Tant pis, si cela doit signifier que d’autres devront trépasser ! Elle est même prête à organiser elle-même leur dernier voyage.

Mort de peur est riche en intrigues et en hémoglobine. Le ton plus sombre, que Charlaine Harris avait commencé à donner à sa saga, se confirme. Il sera ici enfin question de l’élimination de Victor. Nous l’attendions pour le tome 10 et cela n’aura pas été en vain. Cependant, on ne se débarrasse pas comme ça de quelqu’un qui n’attend qu’un faux pas pour pouvoir vous éliminer le premier, pire, qui cherche à vous pousser à la faute. Sookie, Eric et Pam auront bien besoin de toute leur ruse pour faire face à leur plus redoutable ennemi. En parallèle, on en apprend plus sur les ascendances faes et l’origine des pouvoirs de Sookie. De ce coté là, l’histoire nous réserve d’ailleurs quelques jolies surprises, qui promettent d’être fort intéressantes pour la suite.

Et qu’en est-il de notre couple vedette ? Eric et Sookie ont des problèmes, comme tous les couples. Les leurs sortent un peu de l’ordinaire soit, mais en aucun cas, il ne s’agit du manque d’amour. Ils s’aiment et se savent aimés en retour. Néanmoins, Sookie est de plus en plus fatiguée de cette vie. Le changement qui s’amorçait dans les tomes précédents semble se confirmer ici. Et la question est bien là : leur couple survivra-t-il aux conflits et manipulations vampiriques ?

Alors, malgré les avis négatifs que j’ai pu lire, j’ai eu plaisir à retourner à Bon Temps. Après avoir été très déçue par le tome 10, je n’avais pas de grandes attentes pour celui-ci. Et c’est peut-être pour cela que j’ai apprécié « l’excursion ». Bien sûr, tout n’est pas aussi réussi. J’ai eu du mal à me refaire à l’écriture, assez enfantine par moments. Et comme à chaque tome, on n’échappe pas à beaucoup de blablas inutiles. On a également droit à quelques scènes ridicules et qui n’apportent rien. Et, si les différentes intrigues sont prenantes, celle concernant Sandra Pelt ne m’a pas convaincue. Par ailleurs, on sent bien que l’auteur lance ses hameçons pour amorcer la fin de sa série. Mais j’ai été tenue en haleine par l’intrigue, les secrets d’Eric ont su attiser ma curiosité, et j’ai été touchée par les déboires de nos héros. De grands changements s’annoncent et je serais à coup sûr au rendez-vous pour y assister !

Le tome 12, Deadlocked, sort au mois de mai aux Etats-Unis.

 

Avis d’Ella : Dès le premier tome de cette série, j’ai apprécié
la moiteur du sud profond, la chaleur et la langueur de la Louisiane, ainsi que
l’atmosphère dégagée. Malheureusement, depuis le dixième tome, je suis de plus
en plus déçue par le tournant que prend la saga. Je vais même de désillusion en
désillusion, car l’auteur essaie de tirer sur la corde en faisant durer la
série. Et on voit bien, malheureusement, qu’elle n’a plus matière à la
continuer, du coup il ne se passe pas grand-chose dans ce 11e tome. L’auteur
comble les vides avec les tâches quotidiennes de Sookie. On la voit tour à tour
se doucher, se brosser les cheveux, se maquiller, se vernir les pieds,
s’habiller, faire sa lessive, faire le ménage et sa vaisselle. C’est d’un ennui
mortel, comme vous pouvez le devenir.

Heureusement pour nous, l’arrivée de quelques personnages va
faire bouger un peu le quotidien de Sookie et faire entrer, enfin, un peu
d’action. Mais ne vous emballez pas, rien de sensationnel et de transcendant,
car tout est trop facilement amené et trop rapidement bâclé. Les actions sont
minimalistes, c’est d’ailleurs assez frustrant et déconcertant. La fin du
roman  se dénoue de façon légèrement
abrupte, à se demander si l’auteur ne savait plus quoi raconter.

Ce qui est désarmant dans ce tome, c’est que j’ai eu
l’impression que Charlaine Harris voulait faire passer son héroïne pour plus bête
et plus naïve qu’elle ne l’est. Ainsi, elle apparaît souvent lente à la
compréhension. Et lorsqu’à différents moments de l’ouvrage, elle a des prises
de conscience de certains faits et intrigues des êtres qui l’entourent, cela nous
semble assez incroyable qu’elle ne l’ait pas deviné auparavant, car pour nous
c’était limpide et facile à décoder. Ce qui m’a également gênée dans ce tome,
c’est que Sookie m’a semblé très superficielle alors que dans les précédents
volumes, je n’avais pas eu ce ressenti. Sentiment qui a encore augmenté le
déplaisir de cette lecture.

Ce 11e tome montre très clairement, par la
pauvreté de son scénario et par l’attachement de l’auteur à discourir sur des
éléments insignifiants et secondaires, que l’on arrive en fin de course de la
série. Il n’y a pas d’intrigue à proprement dite et c’est pour cela également
que je me suis profondément ennuyée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *