La justice de Kushiel / Jacqueline Carey

La justice de Kushiel / Jacqueline Carey


Imriel, Tome 2

Quatrième de couverture : Héritier d’une lignée mortellement dangereuse, le prince Imriel est troisième dans l’ordre de succession au trône de Terre d’Ange. Pion majeur sur l’échiquier politique, il n’a guère le choix de son destin. Lorsqu’il sacrifie l’amour au devoir, les dieux eux-mêmes ne peuvent rien pour le protéger des conséquences de ses actes. En Alba, de sombres puissances œuvrent pour utiliser ses propres passions contre lui.
L’aventure l’entraînera encore plus loin qu’il ne l’avait rêvé, jusqu’à un pays déchiré par la guerre où, d’une foi ancienne, une nouvelle est en train d’éclore.
Lorsque tout sera fini, la justice divine de Kushiel se fera sentir sur la Terre comme au ciel…

Avis : Jacqueline Carey est une auteure extraordinaire. La justice de Kushiel est son cinquième tome à se dérouler dans le monde de Terre d’Ange, et pourtant, elle arrive à se renouveler complètement. Sur des bases identiques, avec de nombreux personnages communs aux deux trilogies, Kushiel puis Imriel, elle construit, pas à pas, une histoire dense et forte où chaque trilogie a sa propre personnalité et sa propre énergie.

Le livre débute directement à la suite du premier tome. Et les 739 pages du roman sont bien nécessaires pour conter cette histoire qui se déroule sur plus de deux ans. Histoire d’amour, de guerre, de vengeance et de justice. Il se passe énormément de choses, et même si l’action est assez diluée, on ne s’ennuie pas une minute. Comme le dit Imriel lui-même au début du livre, il a déjà vécu beaucoup de choses pour son jeune âge, et il sera encore mis à rude épreuve dans ce tome. Jacqueline Carey dit de son œuvre qu’il s’agit « d’un roman historique contant une histoire qui n’a jamais eu lieu ». C’était particulièrement frappant pour Kushiel, mais j’aurais tendance à dire qu’Imriel est, quant à lui, plus intimiste. Peut-être à cause de son personnage central, particulièrement porté à l’introspection.

Nous découvrons bien sûr de nouveaux protagonistes, dont le plus notable est celui de Dorelei, la promise albane d’Imriel. Son personnage, tout en subtilité, peut paraitre insignifiant au premier abord. Pourtant, elle est une figure centrale de ce tome. Outre tout ce qu’elle peut apporter par ailleurs à l’histoire, Dorelei met Imriel face à sa tendance à être « insupportablement préoccupé de [lui]-même ». Imriel n’est pas un héros comme Joscelin, mais un enfant qui apprend peu à peu à devenir un homme. Et grâce à elle, il évolue encore et murit tout au long du roman. D’autre part, Dorelei possède le don de voir l’avenir dans les rêves, comme certaines des femmes de la famille du Cruarch. Et le rêve qu’elle fait au début du roman est un grand moteur de tension, car il indique, sans doute possible, qu’un terrible drame va se produire, dont Imri sera bien sûr au cœur.

Cette trilogie est particulièrement centrée sur l’amour : dans le premier, Imriel est persuadé qu’il n’y a pas droit, ici, il le trouve, dans le troisième, saura-t-il le garder ? Je pourrais d’ailleurs résumer ce tome en une simple phrase : aimes comme tu l’entends… ou il t’en cuira !

Si L’héritier de Kushiel m’avait laissé un sentiment mitigé, j’ai été ici au contraire complètement happée par cette histoire intense et bouleversante, sublimée par l’écriture envoutante de Jacqueline Carey. Ce n’est pas une lecture calme et douce, mais pleine de tensions et d’attentes. Jacqueline Carey a l’art de créer des histoires qui transcendent les pages.

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