La forêt des damnés / Carrie Ryan

La forêt des damnés / Carrie Ryan

Quatrième de couverture : Dans le monde de Mary, il y a des vérités simples.
Les Sœurs savent toujours le mieux.
Les Gardiens protègent et servent.
Les Damnés, revenus de la mort, ne renonceront jamais.
Et il faut se méfier de la clôture qui entoure le village.
La clôture qui les protège de la Forêt des Damnés.
Mais peu à peu, les vérités de Mary s’effondrent et son monde est plongé dans le chaos.

Un monde post-apocalyptique peuplé de zombies, une histoire d’amour ensorcelante.

Avis : Dans le village de Mary, les femmes n’ont que trois choix dans la vie. Se marier par devoir, afin de se reproduire et perpétuer la lignée. Rester vivre aux crochets de sa famille, si elle vous accepte. Rentrer chez les Sœurs et consacrer sa vie à la Congrégation.
Mais Mary, refuse cette vie. Elle rêve d’ailleurs, de cet océan que sa mère lui a tant conté quand elle était petite. Elle le sait, il est là quelque part, il existe au-delà de la forêt des mains et des dents, et là-bas est sa destinée.
La première partie tourne autour de la vie du village, on découvre les personnages, leurs conditions de vie, les secrets des Sœurs. Et tout cela a une forte odeur du film Le village de Shyamalan, il faut le dire. Puis, le village subit une attaque fulgurante des damnés et Mary réussit à s’échapper accompagné de son frère, de son fiancé Harry, de sa meilleure amie Cass et de son fiancé, Travis, dont elle est « secrètement » amoureuse et qui est aussi le frère d’Harry. Compliqué, tout ça ! Mary sera le moteur de cette course-poursuite dans la forêt, pour tenter de sauver leurs vies, persuadée que l’océan l’attend au bout la route.
Pour moi, le gros point faible du livre est le personnage de Mary qui à tendance à agacer. Elle passe son temps à osciller entre devoir et désir. Elle est inconstante et égoïste et même si elle ne fera jamais intentionnellement, et méchamment, du mal aux autres, au final, la personne la plus importante pour elle ce sera toujours elle-même. Rien, jamais ne la dévie de son but (l’océan), même quand elle a la preuve que si un ailleurs existe bel et bien, il est tout autant peuplé de damnés.
La narration est menée de manière très introspective par Mary, ce qui est dommage car je pense que ça aurait vraiment donné plus de force au livre si l’on avait eu plusieurs points de vue. Là, on a un peu l’impression de ne voir l’histoire que par un seul bout de la lorgnette. Quant à l’histoire d’amour dite « ensorcelante » par l’éditeur, elle m’a ne m’a pas vraiment ensorcelée… Mary passe la moitié du livre à soupirer après Travis, et quand elle l’a enfin, elle n’est toujours pas contente. Cependant, malgré la lenteur de l’action et le peu de dialogues, l’histoire tient en haleine et l’atmosphère est oppressante. Et c’est là toute la réussite de Carrie Ryan, on se sent dans un huis-clos sombre et tourmenté. D’ailleurs, on le sent bien, ici il n’y aura pas de happy-end, car dans la forêt des damnés, l’espoir est une illusion.

A noter que c’est un livre destiné à un public adolescent, chose que l’on sent bien dans la retenue de l’auteure dans la description des rapports amoureux. Paradoxalement elle n’hésite pas à décrire la violence. C’est sanglant et aucun coup n’est épargné aux personnages.

Au final, j’ai pris plaisir à lire ce livre et je lirais certainement la suite, Rivage mortel, qui permettra je l’espère de résoudre quelques questions restées en suspens.

Roman traduit par Alice Marchand – Édité par Gallimard Jeunesse 
Premier tome d’une trilogie, le deuxième « Rivage mortel » vient de paraître.

2 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *